
Double championne d’Europe en titre, l’Union Bordeaux-Bègles repart avec des ambitions immenses pour la saison 2026/2027. Laurent Marti rêve désormais d’un troisième sacre consécutif en Champions Cup mais aussi de décrocher enfin le Brennus.
Une chose est certaine : le président bordelais refuse catégoriquement de sacrifier une compétition au profit de l’autre.
La saison dernière a justement montré les dangers d’un tel déséquilibre. Si l’UBB a conservé son titre européen, elle a manqué les phases finales du Top 14 après avoir laissé beaucoup d’énergie physique et mentale dans sa quête continentale.
« On a payé le fait de ne pas avoir correctement abordé le Top 14 »
Pour Marti, l’échec en championnat trouve notamment ses racines dans un début de saison raté et dans une attention parfois trop largement tournée vers l’Europe.
Dans l’émission 100% Rugby diffusée sur Ici Gironde, le président bordelais reconnaît une véritable contre-performance en Top 14 :
« Nous avons eu deux phases : la phase de Champions Cup qui nous a rendu extrêmement heureux car on l’a gagnée pour la deuxième fois. Mais on s’est gâché le plaisir en se faisant éliminer du Top 14. On voyait arriver non pas la non qualification car on pensait qu’on allait s’en sortir, mais on sentait qu’on allait avoir du mal à faire le même parcours que l’année d’avant où nous avons été en finale du Top 14 et nous avions perdu en prolongations. On sentait que les ressources n’étaient plus les mêmes. On a payé avec les blessés et on a payé le fait de ne pas avoir correctement abordé le Top 14 comme on aurait dû le faire avec un mauvais début de saison. Les garçons avaient davantage la tête à la Champions Cup. Comme ce championnat est très dur, on l’a payé et c’est une contre performance en Top 14. »
Cette fois, le travail de Yannick Bru sera donc de maintenir la même exigence chaque semaine, particulièrement lors des rencontres de championnat précédant les rendez-vous européens.
Marti refuse cependant de parler d’une priorité accordée au Top 14 :
« Je dis toujours que quand tu es l’UBB, tu n’as pas une grosse marge de manœuvre par rapport à tes concurrents. Et prioriser le Top 14 ce serait très prétentieux. Comment peut-on se permettre de prioriser une compétition ? La seule différence, c’est dans l’attitude. On l’a bien vu cette année en début de saison de Top 14 : chaque fois on a été en grande difficulté juste avant la Champions Cup car tout le monde ne pensait qu’à la Champions Cup. Le challenge pour Yannick Bru cette année, c’est de dire que le match de Top 14 avant la Champions Cup est aussi important que celui de la Champions Cup que vous allez jouer la semaine prochaine. Il faudra lutter contre cela sinon on ne sera pas à l’abri d’une nouvelle déconvenue en Top 14. »
« On veut gagner des titres et notamment le Brennus »
Derrière cette prudence, les objectifs restent extrêmement élevés. L’UBB s’est installée parmi les grandes puissances européennes et Marti assume désormais sa volonté d’ajouter le championnat au palmarès du club.
Le président bordelais revendique cette ambition sans vouloir tomber dans la prétention :
« On est dans un pays où, quand on est trop ambitieux, on passe pour un prétentieux. On est ambitieux mais pas prétentieux car on sait combien c’est dur. On a mis 20 ans pour reconstruire ce club. Bien évidemment que l’on veut gagner des titres et notamment le Brennus car on ne l’a jamais eu. Mais la saison prochaine sera encore plus difficile. »
Pour y parvenir, Bordeaux refuse donc de choisir son terrain de chasse. Marti estime même qu’une telle stratégie pourrait produire l’effet inverse et faire perdre l’UBB sur les deux tableaux.
D’autant que le rêve d’un incroyable troisième titre européen consécutif existe forcément :
« On ne peut pas choisir une compétition, on n’a pas ce luxe de choisir. On sait qu’il y a un club mieux armé encore qui est devant et on fait tout pour le rattraper. Si on commence à choisir une course plutôt qu’une autre, le risque c’est de se ramasser sur les deux. Donc prioriser ce serait prétentieux. La seule chose que Yannick Bru a abordé avec le groupe, c’est de dire que l’on doit mieux démarrer en Top 14 et mieux gérer notre championnat dès lors qu’il s’agissait de matches qui précédaient un match de Champions Cup. Nos garçons avaient la tête un peu ailleurs. C’est le challenge du club cette année car on n’a pas envie de lâcher la Champions Cup. C’est une compétition magique et la gagner trois fois de suite ce serait exceptionnel. On sait que l’on doit mieux faire en Top 14 également pour notre public, pour nos supporters et pour tous les amoureux de l’UBB. »
Une inquiétude majeure en première ligne
Les premiers signaux envoyés par le groupe sont plutôt encourageants. Marti ressent davantage d’énergie que lors de la préparation précédente et dispose également d’un effectif globalement moins touché par les blessures.
Un secteur provoque toutefois une réelle inquiétude : la première ligne. Bordeaux doit notamment composer avec les indisponibilités de Ben Tameifuna et Carlu Sadie, auxquelles se sont ajoutées de nouvelles blessures. Les difficultés actuelles à ce poste ont d’ailleurs poussé l’UBB à rechercher un joker.
Marti reconnaît que la situation reste particulièrement fragile :
« On a ce sentiment que le groupe a plus d’énergie et a un meilleur état d’esprit que l’année dernière. Ils étaient encore sur la victoire de la Champions Cup de l’année d’avant et on avait d’ailleurs très mal démarré la saison. On a moins de blessés mais malheureusement, deux blessés en première ligne sachant qu’on avait déjà deux blessés : Ben Tameifuna et Carlu Sadie. Donc là, on tremble car on sait combien les postes de première ligne sont importants. On est sur le fil du rasoir. En dehors de cela, tout se passe très bien. »






