
Baptiste Jauneau est aujourd’hui le numéro 1 de Clermont à la mêlée, mais rien ne lui sera offert cette saison. L’arrivée de Baptiste Germain et la progression de Lucas Zamora offrent à Christophe Urios trois solutions ambitieuses pour une seule place. Une concurrence particulièrement relevée qui ne semble effrayer personne, et certainement pas Germain : avant de débarquer à l’ASM, le nouveau Clermontois a notamment dû composer avec Antoine Dupont à Toulouse.
À 25 ans, Germain connaît parfaitement les batailles pour une place de titulaire. Après Bordeaux, il avait rejoint un Stade Toulousain où la concurrence était particulièrement impressionnante, avant de connaître une situation similaire à Bayonne.
Germain en a vu d’autres avec Dupont et Machenaud
Le nouvel arrivant considère même cette situation comme parfaitement normale lorsqu’on ambitionne de s’installer durablement en Top 14.
Pour l’ex-Bayonnais, devoir affronter Jauneau et Zamora n’a donc rien d’exceptionnel comme il l’explique dans La Montagne :
« Je suis arrivé à Toulouse, ma concurrence, c’était Antoine Dupont, Alexi Balès, Martin Page-Relo puis Paul Graou. Après, je suis allé à Bayonne. Il y avait Guillaume Rouet, ça faisait vingt ans qu’il était au club, et Maxime Machenaud, qui avait une carrière… je ne vous la présente pas. De toute façon, si tu veux jouer au haut niveau, c’est-à-dire en Top 14, tu sais que tu as trois demis de mêlée par club. »
Christophe Urios connaît d’ailleurs parfaitement le tempérament de sa nouvelle recrue. Il avait déjà entraîné Germain à Bordeaux lorsque celui-ci n’avait que 18 ans.
Au moment de présenter son recrutement, Urios avait livré un portrait pour le moins savoureux :
« Je l’ai entraîné à Bordeaux quand il avait 18 ans. C’est un merdeux. À l’époque, il n’était pas facile à gérer car il était très impatient. Depuis, il a gagné en expérience. »
Cette forte personnalité ne détonne pas vraiment dans le trio clermontois. Jauneau et Zamora possèdent eux aussi suffisamment de caractère pour défendre leur place.
Et Urios s’en réjouit.
Le manager considère cette abondance comme un luxe plutôt qu’un problème :
« C’est un poste où ça peut chambrer. Mais le challenge est davantage pour eux que pour moi. C’est un poste où il y a de la richesse, avec pas mal de variété. Ce sont de bons joueurs avec beaucoup de caractère. Mais c’est un problème de riche. J’aimerais l’avoir à tous les postes de l’équipe. »
« Ça se tire la bourre »
La bataille a commencé dès la préparation estivale. Les trois demis de mêlée ont cherché à marquer des points, avec notamment un important travail individuel effectué par Lucas Zamora avant même la reprise collective.
Pour le staff, cette concurrence impose surtout de réussir à conserver une forme d’équité.
Urios ne cache pas l’intensité de la lutte :
« Ça se tire la bourre. Mais cela crée aussi de l’émulation. Et c’est à nous d’être bons en étant les plus justes possible. »
Les premières décisions difficiles ont d’ailleurs déjà été prises. Pour le match de préparation contre Toulon à Issoire, Clermont ne souhaitait pas utiliser trois demis de mêlée. Zamora avait alors été laissé de côté.
Un choix qu’Urios assure avoir eu du mal à effectuer :
« À Issoire, nous avons choisi de ne pas prendre Lucas (Zamora). On ne voulait pas être trois au poste car, sinon, tu ne fais pas grand-chose. Ce choix a été difficile car, même s’il ne fait pas une bonne entrée à Châteauroux, c’est un bon jeune, très engagé, qui a réalisé une bonne préparation. »
À l’approche du championnat, Baptiste Jauneau conserve néanmoins une longueur d’avance. Son statut de capitaine et ses performances des dernières saisons en font le premier choix du staff.
Sa position n’empêche pas une profonde évolution de son leadership.
Urios constate un changement important chez son jeune capitaine :
« Il a énormément évolué dans son leadership. Encore cette année, d’ailleurs. Je le trouve plus calme, plus posé, il dit vraiment les choses… J’ai besoin d’avoir cette relation avec les joueurs où les mecs sont dans mon bureau pour me poser des questions. “Pourquoi on fait ça ?”, “Je veux savoir des choses”. »
Jauneau sera épaulé dans le capitanat par Killian Tixeront et Harry Plummer, désignés vice-capitaines.
Sur le terrain, la hiérarchie pourrait en revanche évoluer au fil de la saison. La polyvalence de Germain, capable de couvrir les postes de 9 et de 10, constitue notamment un avantage avec les bancs en 6-2 favorisés par le passage à huit remplaçants.
Jauneau part donc en pole position, mais Germain et Zamora disposent d’une saison entière pour tenter de lui prendre le numéro 9.







