
Dans un peu plus d’un an, Fabien Galthié devra arrêter la liste des 33 joueurs chargés de conquérir la Coupe du monde 2027 en Australie. Si Antoine Dupont, Romain Ntamack, Thomas Ramos ou encore Louis Bielle-Biarrey semblent disposer d’une avance considérable, la situation est beaucoup moins confortable pour certains anciens cadres. Damian Penaud, Gaël Fickou et Grégory Alldritt abordent ainsi une saison de Top 14 qui pourrait peser très lourd sur leur avenir international.
Les rencontres disputées cet été ont encore redistribué les cartes. Plusieurs jeunes joueurs ont profité de leurs opportunités pour s’installer dans la concurrence, une évolution que Fabien Galthié ne compte évidemment pas ignorer.
Le sélectionneur l’avait clairement reconnu après la victoire décrochée au Japon :
« Il faudrait être aveugle pour ne pas voir les performances des joueurs. »
Penaud et Fickou doivent reprendre du terrain
La situation de Damian Penaud est probablement l’une des plus intrigantes. Meilleur marqueur de l’histoire du XV de France avec 41 essais, l’ailier aux 60 sélections avait été écarté pendant le dernier Tournoi.
La tournée estivale représentait donc une occasion idéale de rappeler sa valeur au staff. Mais après avoir marqué contre la Nouvelle-Zélande, le Bordelais s’est blessé au mollet et a dû quitter le rassemblement.
Pendant ce temps, Théo Attissogbe et Aaron Grandidier-Nkanang ont marqué des points. Avec Louis Bielle-Biarrey également installé dans la hiérarchie, la concurrence à l’aile est devenue particulièrement féroce.
Penaud avait néanmoins parfaitement réagi à sa précédente mise à l’écart en réalisant une grosse fin de saison avec l’UBB, allant jusqu’à dépanner au centre. Une nouvelle séquence convaincante en club pourrait donc rapidement relancer son dossier.
Pour Gaël Fickou, le défi apparaît encore plus important.
À 32 ans et 98 sélections, le nouveau Toulonnais n’a plus porté le maillot français depuis le 22 novembre. Surtout, une nouvelle génération s’est installée au centre.
Son transfert du Racing 92 vers le Rugby Club Toulonnais répond d’ailleurs directement à cette volonté de se relancer :
« J’avais besoin de me challenger. Revenir au RCT était la meilleure solution pour me redonner un petit coup de flamme. »
Fickou sait que son statut passé ne lui garantira absolument rien.
À un an du Mondial, il place donc son avenir international entre ses propres mains :
« Pour la Coupe du monde, Fabien Galthié ne prendra que les meilleurs (…) Donc à moi d’être bon avec Toulon. »
Le défi est immense. Yoram Moefana et Fabien Brau-Boirie ont marqué de gros points cet été, tandis que Nicolas Depoortere, Émilien Gailleton, Pierre-Louis Barassi ou encore Kalvin Gourgues constituent autant de concurrents.
Alldritt n’est plus intouchable
Le déclassement de Grégory Alldritt aurait lui aussi semblé difficilement imaginable il y a encore quelques saisons.
Longtemps incontournable en troisième ligne, le Rochelais n’a plus joué avec les Bleus depuis le 22 novembre. Lors du dernier Tournoi, Anthony Jelonch et Charles Ollivon lui ont notamment été préférés, avec Lenni Nouchi également utilisé.
Une blessure au mollet a ensuite privé Alldritt de la fenêtre internationale estivale. Et son absence a profité à Marko Gazzotti.
Le Bordelais a réalisé des prestations convaincantes et possède également un argument précieux : sa capacité à évoluer à plusieurs postes de la troisième ligne.
Cette polyvalence est devenue particulièrement présente parmi les prétendants puisque Jelonch, Ollivon, Mickaël Guillard, Alexandre Roumat ou Temo Matiu offrent eux aussi différentes possibilités au staff tricolore.
Alldritt conserve évidemment une immense expérience avec ses 58 sélections, mais son statut ne suffit plus. Sa bonne fin de saison avec La Rochelle et sa préparation estivale complète doivent désormais lui permettre de repartir à l’assaut de la hiérarchie.
Pour Penaud, Fickou comme Alldritt, la course au Mondial 2027 commence donc réellement dès les premières journées de Top 14.







