
Après avoir analysé en détail la déroute du Racing 92 à Bordeaux, Patrice Collazo a découvert des données particulièrement inquiétantes. Parmi les quinze titulaires, trois joueurs seulement ont dépassé leurs standards de la saison dernière.
Le manager francilien ne veut plus voir son équipe attendre une catastrophe pour se réveiller. Cette irrégularité avait déjà marqué le précédent exercice et demandé une quantité considérable d’énergie à un groupe encore en construction.
Collazo ne veut plus d’une équipe de réaction
La saison dernière, le Racing avait réussi plusieurs performances spectaculaires dans des situations compromises. Les Franciliens avaient notamment gagné à Pau, avant de manquer de ressources pour rivaliser avec Toulouse en demi-finale du Top 14.
Patrice Collazo estime dans L’équipe que son équipe ne peut plus constamment compter sur sa capacité à rebondir.
« J’ai dit aux joueurs qu’on ne pouvait pas refaire une saison uniquement dans la réaction. Ça demande trop d’énergie, trop de contraintes mentales, physiques. Et on s’expose. OK, on a été capables de gagner à Pau, où personne n’avait gagné, mais on n’a pas pu être compétitifs sur la demi-finale. Ce n’est pas réagir qu’il faut. Il faut agir, tout simplement. C’est un axe de progression, quelque chose qu’on avait identifié à l’intersaison. Et dont on avait parlé avec les joueurs. »
Le manager sait toutefois que son effectif demeure jeune et encore fragile. Certaines bases ont été posées depuis son arrivée, mais le Racing reste capable de passer brutalement d’une prestation aboutie à un effondrement collectif.
« Quand on dévisse, on dévisse ! »
Patrice Collazo connaît désormais parfaitement les qualités et les faiblesses de ses joueurs. Il savait qu’un accident restait possible dès la reprise du championnat.
Le technicien reconnaît que les changements de visage font encore partie de la personnalité de son groupe.
« On est un jeune groupe. L’année dernière, on a mis des choses en place. Mais on reste avec nos forces et aussi nos faiblesses, nos fragilités. C’est un groupe qui se construit, un groupe qui a besoin d’être challengé. Je les connais et ils me connaissent. Je sais très bien qu’on n’a pas vu le Racing qu’on doit avoir, le Racing qu’on sait être. Mais je sais aussi qu’on peut être ça, ça fait partie de la personnalité de ce groupe. Je savais que ça pouvait nous arriver sur le premier match. Qu’on pouvait être compétitifs mais qu’on pouvait aussi dévisser comme ça. Et nous, quand on dévisse, on dévisse ! »
La progression attendue passe désormais par une responsabilisation individuelle. Avant de chercher les causes collectives de la défaite, le staff a examiné les performances de chacun des 23 joueurs alignés à Bordeaux.
Des données individuelles très inquiétantes
Le bilan est particulièrement sévère. Malgré une préparation identique pour tous, l’immense majorité des titulaires est restée très loin des références établies la saison passée.
Patrice Collazo révèle que trois joueurs seulement ont évolué au-dessus de leurs standards habituels.
« Il y a beaucoup de paramètres à travailler, beaucoup de choses à faire évoluer, notamment dans les comportements. C’est une démarche individuelle et dans le management, il faut qu’on les pousse à ça. Avant de parler du collectif, on regarde l’individu. On regarde les datas des 23 joueurs du match. Basique, factuel.
Il y a trois joueurs, sur le 15 qui démarre, au-dessus de leurs standards de la saison dernière. Tous les autres sont 30 % en dessous de moi. Pourtant, tout le monde s’est entraîné pareil. J’ai l’impression qu’à Bordeaux, on a joué un deuxième match de préparation. Mais ce week-end, on est J2. Il faut mettre la bonne disquette. »







