
Humilié par l’Union Bordeaux-Bègles lors de la première journée du Top 14 (64-5), le Racing 92 doit immédiatement réagir contre Lyon, ce samedi à Créteil. Patrice Collazo conserve pourtant sa confiance envers son groupe, tout en réclamant davantage de régularité.
Cette lourde défaite est venue réveiller de douloureux souvenirs, trois mois après les 71 points encaissés contre Toulouse en demi-finale. Malgré ce nouveau naufrage, les Racingmen ont rapidement repris le travail sans afficher de signes d’abattement.
Romain Taofifenua évoque « un mal pour un bien »
Le Racing 92 a consacré sa semaine à l’analyse des nombreux secteurs défaillants à Bordeaux. Romain Taofifenua n’a pas cherché à minimiser la prestation de son équipe.
Le deuxième ligne reconnaît que le programme des entraînements a été particulièrement chargé :
« On s’est concentrés sur nous, sur tous les secteurs qui n’ont pas fonctionné. Et comme il y en a eu beaucoup, on a eu du boulot. On s’est bien fait secouer. Je pense que c’était malheureusement un mal pour un bien. »
Les joueurs ont également reçu la visite de Jacky Lorenzetti. Initialement venu annoncer la prolongation de Patrice Collazo jusqu’en 2030, le président francilien en a profité pour placer son effectif devant ses responsabilités.
Jacky Lorenzetti avait décrit la soirée bordelaise avec des mots extrêmement forts :
« Terrible, humiliante, déshonorante, traumatisante. Je n’avais pas les moyens d’être en colère tellement j’ai souffert. »
Collazo ne veut plus dépendre des réactions d’orgueil
Patrice Collazo ne semble pourtant pas surpris par les difficultés rencontrées. Le manager savait son équipe encore capable d’alterner entre des performances abouties et des passages totalement manqués.
Le technicien a résumé sans détour l’irrégularité chronique du Racing :
« Je sais qu’on peut être ça, que ça fait partie de la personnalité de ce groupe et que ça pouvait nous arriver sur le premier match. On pouvait être compétitifs mais on pouvait aussi dévisser. Et nous, quand on dévisse, on dévisse ! »
Collazo se souvient d’ailleurs du début de la saison précédente. Le Racing avait été largement battu à Lyon (32-7) avant de répondre, une semaine plus tard, en dominant Bordeaux-Bègles (44-32).
Une réaction sur laquelle le manager s’appuie pour conserver sa confiance :
« La même en couleur. Et le week-end suivant, on met plus de 30 points à l’UBB en une mi-temps. »
Seulement trois changements dans le quinze de départ
Malgré la violence du revers, Patrice Collazo n’a pas décidé de bouleverser sa composition. Seulement trois changements ont été effectués dans le quinze de départ appelé à affronter le LOU.
Le manager estime pourtant que 12 des 15 titulaires alignés à Bordeaux ont évolué environ 30 % en dessous de leur niveau habituel.
Collazo a décidé de replacer directement ses joueurs face à leurs responsabilités :
« Je les connais et surtout ils me connaissent. »
Le Racing doit maintenant éviter de retomber dans le scénario de la saison dernière, durant laquelle il avait régulièrement attendu d’être dos au mur pour réagir.
Patrice Collazo refuse de voir son équipe dépendre continuellement de son orgueil :
« J’ai dit aux joueurs qu’on ne peut pas refaire une saison uniquement dans la réaction. Ça demande trop d’énergie, trop de contraintes mentales, physiques. Et on s’expose. »
Lorenzetti réclame enfin de la continuité
En prolongeant son manager jusqu’en 2030, Jacky Lorenzetti lui a accordé sa confiance. Le président attend toutefois que le Racing parvienne enfin à stabiliser ses performances.
Le dirigeant a fixé l’une des missions prioritaires de Patrice Collazo :
« L’une des principales responsabilités de Patrice, et il en est bien conscient, sera de trouver de la continuité dans les résultats. »
Cette recherche de stabilité sera compliquée par l’itinérance imposée au club francilien. Le Racing recevra Lyon, Bayonne et Perpignan à Créteil, puis Montpellier au Mans, avant de terminer l’année avec quatre rencontres à la Paris La Défense Arena.
Le retour définitif à Colombes n’interviendra que pour les deux dernières réceptions de la saison. Dans un Top 14 particulièrement disputé, les Ciel et Blanc devront parvenir à préserver leurs résultats malgré ces déménagements successifs.







