
Après avoir encaissé 64 points à Bordeaux puis 48 contre Lyon, le Racing 92 a affiché un visage radicalement différent à La Rochelle. Les Franciliens se sont imposés 20-10 à Marcel-Deflandre en s’appuyant notamment sur leur défense et leur densité collective. Un réveil apprécié par Patrice Collazo, même si le manager refuse encore d’y voir le véritable lancement de la saison.
Le Racing avait pourtant toutes les raisons de manquer de confiance. Deux lourdes défaites avaient accompagné ses deux premières journées et la troisième l’envoyait chez des Rochelais jusque-là invaincus, dans un Marcel-Deflandre qui célébrait son centenaire.
Collazo ne veut pas s’enflammer
La victoire change forcément l’atmosphère autour du Racing. Elle ne suffit cependant pas à effacer tout ce qui avait précédé.
Patrice Collazo préfère attendre la réception de Bayonne avant de déterminer si la performance rochelaise marque un véritable changement de dynamique.
Le manager reconnaît rester dans l’incertitude malgré ce premier succès :
« On m’a posé la question : ‘’Vous êtes inquiet ?’’ Même quand je gagne, je suis inquiet. Là, je suis inquiet parce que je ne sais pas comment ça va se passer le week-end prochain [contre Bayonne, NDLR]. Mais j’ai senti que beaucoup de gens s’inquiétaient pour nous, qu’ils avaient envie de nous trouver des maladies, des symptômes – on a tout fait pour. Mais c’était quand même trop gros. »
Une défense complètement transformée
La principale différence se situe dans la capacité du Racing à résister.
Après les vagues d’essais encaissées lors des deux premières journées, les Ciel et Blanc ont retrouvé à La Rochelle une solidité collective qui leur avait cruellement manqué. Les Maritimes n’ont d’ailleurs inscrit aucun point au cours des cinquante dernières minutes.
Collazo veut désormais savoir si son groupe est capable de reproduire cette prestation :
« J’attends de voir si c’était juste une réaction ou si on va agir par la suite. C’est d’abord parti d’une bonne défense, d’une densité et d’une unité collectives. Julian [Salvi, l’entraîneur de la défense, NDLR] n’avait jamais pris autant d’essais en deux matchs. Même en une saison, je pense. Je sais que ça ne nous ressemble pas, mais aussi qu’on est capable de faire des choses comme les deux derniers matchs. C’est pour ça qu’il faut rester mesuré. »
Le Racing est donc passé, en une semaine, d’une équipe qui avait encaissé 48 points à domicile à une formation capable de museler La Rochelle chez elle.
« Il était temps qu’on redevienne nous-mêmes »
Cette réaction est aussi passée par une semaine durant laquelle le Racing s’est recentré sur ses propres problèmes.
Pas question pour autant de présenter le succès à La Rochelle comme un nouveau départ. Pour Collazo, la saison est déjà lancée et son équipe doit désormais rattraper ce qu’elle a laissé échapper lors des deux premières journées.
Le manager attend surtout que cette réaction soit suivie d’effets :
« Après, au moins, j’ai senti qu’on était sur la même page. Le lundi, on parlait de rien, on parlait de nous. Il était temps qu’on redevienne nous-mêmes. Et lundi, on parlera rugby. On ne va pas dire qu’on a lancé notre saison puisqu’elle a déjà démarré il y a trois matchs. On a du retard à l’allumage, il va falloir alimenter le moteur et la chaudière pour qu’on aille de l’avant. Parce que les autres ne nous ont pas attendus. »







