
À seulement 21 ans, Kalvin Gourgues continue d’accumuler les expériences au plus haut niveau. Après avoir participé à la tournée du XV de France dans l’hémisphère sud, le jeune Toulousain retrouve en club une concurrence particulièrement relevée. Avec Santiago Chocobares, Tommaso Menoncello et Pierre-Louis Barassi, quatre centres internationaux se disputent désormais les places. Une situation que Gourgues préfère transformer en formidable moteur.
Avant de retrouver cette bataille au Stade-Toulousain, Gourgues a vécu un été particulier avec les Bleus. Malgré l’enchaînement des rencontres et la fatigue accumulée après la finale, cette tournée restera une expérience importante dans son apprentissage.
Une tournée marquante avec le XV de France
Les finalistes avaient bénéficié de quelques jours supplémentaires pour récupérer avant de rejoindre le groupe.
Gourgues reconnaît dans Midi Olympique que son organisme avait besoin de souffler, mais retient surtout l’expérience vécue à l’autre bout du monde.
« C’était une très belle expérience. Malgré la fatigue après la finale et l’accumulation des matchs, on a été bien pris en charge en arrivant là-bas. Nous, les finalistes, avons eu le temps de couper quelques jours quand les autres sont partis en Nouvelle-Zélande pour y jouer. Sur le coup, c’était un peu dur physiquement, mais on a eu le temps de récupérer. C’était génial de pouvoir voyager aussi loin pour jouer au rugby. »
Le Toulousain a surtout conscience du privilège que représente une telle aventure.
Avec des apparitions contre l’Australie et le Japon, Gourgues a pu engranger une expérience précieuse.
« On oublie parfois que ce n’est qu’un jeu, mais on a vraiment de la chance de pouvoir vivre de notre passion, de voyager dans le monde entier pour justement jouer et prendre du plaisir. C’est exceptionnel. De ce point de vue, j’ai aussi été très content d’avoir l’opportunité d’être sur la feuille de match contre l’Australie et le Japon. »
Toutes les places étaient pourtant très loin d’être garanties durant cette tournée.
Le jeune centre mesure donc pleinement la chance d’avoir pu participer.
« Sur les quarante-deux joueurs présents, neuf n’ont pas joué une minute. On sait que les places sont chères et je suis heureux d’avoir participé. Ça m’a vraiment permis d’engranger de l’expérience, de découvrir de nouveaux pays, de nouvelles cultures, de nouvelles personnes. »
Quatre centres internationaux pour seulement quelques places
De retour à Toulouse, la concurrence n’est pas moins impressionnante.
Santiago Chocobares et Pierre-Louis Barassi étaient déjà présents, tandis que l’arrivée de Tommaso Menoncello a encore renforcé un secteur particulièrement fourni.
Gourgues voit pourtant cette concurrence comme une formidable occasion de progresser.
« On se nourrit toujours des personnes avec lesquelles on joue, surtout à notre poste quand on a une concurrence de ce niveau-là. Il faut s’en servir. Cela permet de pouvoir se remettre en question tout le temps. Et j’ai quand même de la chance de m’entraîner chaque semaine avec des mecs aussi forts… »
Et lorsqu’il détaille le pedigree de ses partenaires, le niveau de concurrence prend une autre dimension.
Gourgues rappelle que chacun possède déjà une expérience internationale.
« Mine de rien, « Choco » (Chocobares) et Tommy (Menoncello), ce sont les numéros un à leur poste dans leur pays. Puis, « Baras’ » (Barassi) est international français depuis un moment. Moi, j’ai eu la chance d’aller en équipe de France depuis l’an dernier. Voilà, on est quatre centres internationaux pour deux ou trois places sur la feuille. On se nourrit chacun les uns des autres pour se surpasser et donner le maximum. »
« On n’essaie pas de se mettre des couteaux dans le dos »
Une telle densité pourrait forcément provoquer quelques tensions.
Gourgues assure pourtant que la bataille pour les places se déroule dans un état d’esprit totalement différent.
Pas question de transformer la concurrence sportive en rivalité personnelle.
« Oui, mais la concurrence est vraiment saine. On n’essaie pas de se mettre des couteaux dans le dos. Il n’y a pas de jalousie. On reste bienveillants les uns envers les autres et, quand certains sont sur le terrain, les autres les encouragent. »
Même blessés, Barassi et Menoncello restent ainsi impliqués auprès de leurs partenaires.
Mais cette solidarité n’enlève rien à l’exigence nécessaire pour obtenir une place.
« Actuellement, « Baras’ » et « Tommy » sont blessés mais ils sont derrière nous avec « Choco ». Cela aide à tout donner, à créer de l’émulation et à ne pas relâcher les efforts. Ici, pour être sur la feuille de match, il faut bosser dur. »
Gourgues veut devenir davantage perforateur
Cette concurrence permet également à Gourgues d’observer les qualités de ses partenaires et d’identifier les domaines dans lesquels il peut encore progresser.
Avec Chocobares, Menoncello ou Barassi à ses côtés, il peut notamment profiter de leur puissance pour exploiter les espaces.
Une complémentarité dont il se régale.
« Ah, c’est certain ! En perce-muraille, il n’y a pas mieux. En tout cas, je me régale de jouer à côté de ces mecs-là et, dès que j’ai l’opportunité d’être à leur soutien pour créer des « breaks », j’essaie de le faire. Il faut se mettre à leur diapason tout simplement, se tenir prêt à intervenir. Souvent, ils arrivent à créer des situations par leur talent et leur physique. »
Mais Gourgues ne veut pas uniquement profiter de la puissance de ses partenaires.
Il souhaite justement ajouter cette dimension à son propre jeu.
« Je veux d’ailleurs travailler un peu plus cet aspect-là de mon jeu, ce côté perforateur. C’est une voie de progrès à titre individuel. »
« Bon courage au staff pour faire sa composition »
Lorsque Chocobares, Menoncello, Barassi et Gourgues seront tous disponibles simultanément, le staff toulousain devra forcément effectuer des choix.
Une perspective qui amuse déjà le jeune international français.
Pour Gourgues, les quatre profils peuvent parfaitement fonctionner ensemble.
« Tous les quatre, je pense qu’on est bien complémentaires. Maintenant, quand on sera tous à 100 % physiquement, bon courage au staff pour faire sa composition (sourire). »
Une petite boutade immédiatement accompagnée d’une marque de confiance envers le staff.
Gourgues ne doute pas de la capacité des entraîneurs toulousains à gérer cette concurrence XXL.
« Non, je sais qu’il gérera ça du mieux possible, comme il l’a fait depuis déjà beaucoup d’années. Cela a toujours marché jusque-là, donc on lui fait confiance là-dessus. »







