
À 37 ans, Maxime Machenaud continue d’évoluer au plus haut niveau avec le Racing 92. Derrière cette remarquable longévité se cache pourtant une période beaucoup plus sombre. Obsédé pendant un temps par la recherche de performance, le demi de mêlée aux 38 sélections reconnaît avoir poussé son corps et son alimentation beaucoup trop loin, jusqu’aux burn-out, à la boulimie et au besoin de consulter des psychologues. Il a depuis complètement repensé son approche.
Ce samedi, Maxime Machenaud retrouvera Bayonne, son ancien club, sous les couleurs du Racing 92.
À 37 ans, le demi de mêlée continue d’afficher une condition physique lui permettant d’évoluer en Top 14. Une longévité qui ne doit rien au hasard.
Comme il le raconte au Parisien, le Français s’est intéressé très tôt aux méthodes permettant de prolonger une carrière sportive.
LeBron James et Ronaldo comme inspirations
Il y a environ dix ans, Machenaud a pris conscience que sa carrière ne serait pas éternelle. Il s’est alors plongé dans le fonctionnement du corps humain, la récupération, le sommeil et la nutrition.
Avec une idée en tête : faire durer son rêve le plus longtemps possible.
« J’ai simplement voulu vivre mon rêve le plus longtemps possible en m’inspirant de sportifs qui ont su durer très longtemps comme le basketteur LeBron James ou le footballeur Ronaldo. Je suis curieux de nature. J’ai voulu tout savoir, tout comprendre sur les besoins de l’organisme. Cela a commencé il y a une dizaine d’années quand j’ai pris conscience que le rugby allait s’arrêter à un moment. Avant cela, je ne faisais pas trop attention. »
Mais cette recherche permanente de performance a progressivement basculé dans l’excès.
« J’ai déraillé, j’ai fait des burn-out »
Musculation, entraînement, nutrition : Machenaud a voulu tout contrôler.
Jusqu’à peser systématiquement ce qu’il mangeait et à imposer à son organisme des contraintes devenues trop importantes.
Le joueur du Racing raconte sans détour les conséquences de cette période :
« Je suis allé trop loin. J’ai trop forcé sur la musculation, je me suis trop entraîné, je me suis mis à peser tous mes aliments. Il y a eu trop de prises de tête. C’était trop rigide. À plusieurs moments, j’ai déraillé, j’ai fait des burn-out, j’ai eu des troubles alimentaires comme la boulimie car je me restreignais trop. J’ai eu besoin de voir des psys. »
Les blessures, l’épuisement et les problèmes de santé rencontrés par certains de ses proches l’ont progressivement poussé à revoir sa philosophie.
Machenaud a notamment subi deux ruptures des ligaments croisés du genou droit, en 2018 puis en 2025.
Machenaud a totalement revu son approche
Le demi de mêlée a fini par comprendre que sa longévité ne passerait pas par une recherche permanente de l’extrême, mais par l’équilibre.
Une prise de conscience devenue sa nouvelle ligne directrice :
« J’ai compris que la vie était une question d’équilibre, que le “trop” était un ennemi et je me suis donné une ligne de conduite. Faire ce qui est bon pour moi, pour mon corps afin qu’il soit le plus performant possible le plus longtemps possible, repousser ses limites sans aller au-delà. J’ai beaucoup travaillé là-dessus, j’ai lu tout ce que je trouvais. J’apprends toujours aujourd’hui, j’expérimente encore. »
Cette philosophie s’accompagne toujours d’une discipline particulièrement rigoureuse.
« Je me couche tous les soirs à 22 heures »
Le sommeil constitue désormais l’un des piliers de son quotidien.
Lorsqu’il est chez lui, Machenaud respecte quasiment systématiquement la même heure de coucher.
Le joueur de 37 ans détaille une routine devenue naturelle :
« Je me couche tous les soirs à 22 heures quand je suis chez moi, jamais plus tard car j’ai besoin d’au moins huit heures de sommeil. Si une fois je m’endors plus tard, je rattrape la nuit suivante. C’est un pilier de la santé, comme la nutrition. Maintenant, je n’ai plus besoin de peser mes aliments, je sais exactement ce qui est bon pour moi et en quelles quantités. Il peut m’arriver de faire un écart, de manger des frites ou un hamburger mais c’est ponctuel. Et surtout, je veille à ne jamais manger d’aliments transformés. Je fais mes courses moi-même. J’aime ça. Entrer dans une fromagerie et se choisir un bon fromage… »
Son objectif est de conserver son poids de forme de 82 kg pour 1,74 m.
Et même pendant les périodes de repos, l’inactivité totale ne fait pas partie de son programme.
Même en vacances, il ne coupe jamais plusieurs jours
Machenaud pratique notamment le yoga et la méditation et privilégie la récupération active lorsqu’il n’est pas à l’entraînement.
Il insiste toutefois sur le caractère très personnel de cette méthode :
« Je sais que j’ai besoin de bouger donc même quand je suis au repos, je fais de la récupération active. Je ne coupe jamais plusieurs jours d’affilée. J’allège simplement. Et je fais aussi régulièrement du yoga et de la méditation. Mais ce qui est bon pour moi ne l’est peut-être pas pour d’autres. Chacun est différent, il faut juste bien se connaître. »
Cette recherche d’équilibre concerne également sa vie familiale.
Ses trois enfants au centre de ses priorités
Père de trois garçons de 12, 10 et 6 ans, Machenaud souhaite profiter d’eux tout en leur transmettant certaines habitudes.
Sans chercher pour autant à leur imposer son propre mode de vie :
« C’est ce qui est le plus important pour moi. J’ai trois enfants, des garçons de 12, 10 et 6 ans. Je veux être auprès d’eux, les voir grandir et je veux être un exemple pour eux. Leur montrer ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Après, ils feront leurs choix, ce sera leur vie mais je veux leur donner des clés. Cela ne veut pas dire qu’ils ne doivent pas manger de bonbons de temps en temps… »
À 37 ans, l’après-rugby commence forcément à se dessiner.
Salle de sport, application et diplôme d’entraîneur
Machenaud dispose encore de cette saison et potentiellement de la suivante en option avant de mettre un terme à sa carrière de joueur.
Il prépare déjà sa reconversion dans les domaines qui occupent désormais une place majeure dans sa vie : le rugby, le sport et la santé.
Plusieurs projets sont déjà lancés :
« La vie est faite de surprises. Par exemple, je n’aurais jamais pensé revenir au Racing quand j’en suis parti. Ce que je sais, c’est que je veux rester dans le domaine du rugby, du sport et de la santé. J’ai investi dans une salle de sport qui ouvrira en février à Bordeaux. J’ai aussi élaboré une application de programme de sport (MMPerformance). J’ai aussi passé mes diplômes d’entraîneur car j’aimerais être coach d’une équipe de rugby, mais je ne suis pas sûr que ce soit vraiment compatible avec ma vie de famille. »







