
Une semaine après avoir encaissé 51 points à Lyon, la Section Paloise a apporté une réponse particulièrement convaincante. Les Béarnais ont dominé La Rochelle (39-17) avec cinq essais et le bonus offensif au Hameau. Sébastien Piqueronies a surtout apprécié le caractère, la défense et la capacité de ses joueurs à modifier leur stratégie en cours de rencontre.
La lourde défaite concédée à Lyon (51-25) avait laissé des traces à Pau.
Pas seulement au classement. Le comportement affiché en fin de rencontre avait fortement déplu au staff et aux joueurs. Face à La Rochelle, la Section voulait donc montrer un tout autre visage.
Mission accomplie avec une victoire à cinq points.
« On a remis les pendules à l’heure »
La Rochelle avait pourtant correctement débuté la rencontre et résisté pendant une vingtaine de minutes, prenant même les commandes grâce à Ben Healy.
Puis le rapport de force a brutalement changé.
Piqueronies explique que cette réaction était devenue indispensable après la prestation Lyonnaise :
« C’était surtout une nécessité suite à notre légèreté à Lyon. On avait à cœur de rendre fiers les gens qui nous supportent. On était un peu en colère de notre comportement de fin de match à Lyon. Donc je considère que c’est une remise à niveau. On a remis les pendules à l’heure sur qui on veut être, tout simplement, sur le caractère que l’on veut avoir. »
Tout s’est accéléré avec l’essai de Julián Montoya à la 20e minute.
Pau a alors infligé un 24-0 aux Rochelais en seulement 18 minutes.
« Ils ont peut-être cédé ou fissuré les premiers »
La bataille physique était particulièrement attendue face au paquet d’avants Rochelais.
Elle a d’abord été intense avant de progressivement tourner en faveur des Béarnais.
Le manager Palois a apprécié la manière dont ses hommes ont exploité les premiers signes de faiblesse adverses :
« Il y a eu un énorme bras de fer physique sur plusieurs minutes. Et puis, effectivement, ils ont peut-être cédé ou fissuré les premiers. Je nous ai trouvés très pragmatiques, très efficaces et très durs dans les moments où les Rochelais ont flanché un petit peu. »
Piqueronies avait d’ailleurs choisi d’apporter de la fraîcheur à son cinq de devant pour cette quatrième journée.
Et cette rotation devrait devenir une habitude.
« Quatrième journée, c’était pour moi important de rentrer trois ou quatre hommes frais dans le paquet d’avants, comme on va essayer de le faire à chaque fois sur les matchs qui arrivent, parce que notre rugby est très combattu en Top 14. »
Pau pense avoir franchi un cap devant
La capacité de la Section à rivaliser avec les gros paquets d’avants du Championnat ne doit rien au hasard selon Piqueronies.
Le manager met en avant le travail réalisé ces dernières saisons, mais également le recrutement et la stabilité de son groupe.
Il estime même que Pau commence désormais à franchir un véritable palier :
« Notre profond travail, notre recrutement ciblé, puis surtout notre continuité. Parce qu’on a appris, je pense, à chacun de nos déboires précédents et je considère qu’on réduit l’écart petit à petit, voire qu’on passe la barre du niveau. Et je suis très heureux que, momentanément, on puisse dominer. »
Un constat symbolisé par la maîtrise affichée face à La Rochelle.
Marta continue d’affoler les compteurs
Rodrigo Marta a encore participé au festival.
Déjà auteur de cinq essais depuis le début de la saison, l’ancien Columérin a inscrit son sixième après un superbe mouvement collectif à la demi-heure de jeu.
Cinq trois-quarts Palois ont touché le ballon avant que Théo Attissogbe ne libère Marta d’une passe après contact. L’ailier Portugais a ensuite trouvé le moyen d’effacer Dillyn Leyds et Nolann Le Garrec dans un espace particulièrement réduit.
Piqueronies n’est guère surpris par son rendement :
« Si on l’a pris, c’est qu’on imaginait qu’il avait quelques qualités. Pour moi, Rodrigo a ni plus ni moins les mêmes qualités qu’il avait en Pro D2, il les exprime très bien. Le jeu de l’équipe le met globalement dans de bons espaces, et ces espaces, il arrive à bien les utiliser. »
Marta s’est également retrouvé à l’origine de l’essai suivant en récupérant un ballon dans l’arrière-garde Rochelaise. L’action s’est terminée par l’essai de Lekso Kaulashvili à la 38e minute.
À la pause, Pau avait déjà fait exploser le score : 27-3.
Un changement tactique décisif
Tout n’avait pourtant pas parfaitement fonctionné pendant le premier quart d’heure.
Pau éprouvait notamment des difficultés à gagner la ligne d’avantage.
Plutôt que de s’entêter, les leaders Béarnais ont modifié leur stratégie en utilisant davantage le jeu au pied.
Une capacité d’adaptation particulièrement appréciée par Piqueronies :
« On a un peu moins joué au pied le premier quart d’heure, et on a globalement été en difficulté sur la ligne d’avantage. Je félicite mes leaders d’avoir alterné avec du jeu au pied très efficacement aujourd’hui. »
Pour le manager, cette évolution en cours de rencontre est un signe de maturité.
« C’est pour moi une vraie performance d’adaptation de mes joueurs responsables de la conduite du jeu, c’est-à-dire des joueurs de charnière. »
« Une vraie performance défensive »
La Rochelle a tenté de réagir après la pause.
Quentin Lespiaucq a marqué à la 54e minute, mais Pau a rapidement repris le contrôle avec un nouvel essai en force, cette fois signé Beka Gorgadze.
Tumua Manu a ensuite définitivement sécurisé le bonus offensif à la 77e minute, avant que Karl Sorin ne réduise une dernière fois l’écart.
Piqueronies retient surtout la qualité globale du travail défensif :
« C’est une vraie performance défensive ce soir, excepté, on va dire, le dernier essai de fin de match. On a été globalement très organisés, très en place, très souvent en face d’eux. On a laissé peu d’espace et on a été courageux et très agressifs sur la zone porteur-plaqué. »
Le technicien voit malgré tout encore une marge de progression.
Il regrette notamment de ne pas avoir définitivement tué la rencontre encore plus rapidement :
« Si on avait durablement grandi, on aurait claqué une fois ou deux de plus en première mi-temps, notamment sur cette action de fin de mi-temps. »







