
Longtemps habitué à conserver ses principaux cadres, le Stade Toulousain a été attaqué comme rarement sur le marché des transferts. Les futurs départs de Thomas Ramos au Racing 92 et François Cros à Lyon ont créé une situation inhabituelle à Ernest-Wallon et donné des idées à la concurrence.
Emmanuel Meafou et Anthony Jelonch ont eux aussi reçu des propositions particulièrement offensives. Face au risque de voir plusieurs internationaux quitter le club simultanément, Toulouse a finalement changé de braquet et réussi à reprendre la main en une dizaine de jours.
Le marché des transferts 2026 restera particulier pour le Stade Toulousain.
Tout a véritablement basculé avec deux décisions particulièrement symboliques. Thomas Ramos, 31 ans, a choisi de rejoindre le Racing 92 à l’issue de la saison 2026-2027 pour les trois exercices suivants.
Quelques semaines plus tard, François Cros, 32 ans, s’est engagé avec Lyon, lui aussi pour trois saisons.
Deux départs majeurs qui ont forcément marqué les esprits.
Ramos et Cros, deux départs hautement symboliques
Au-delà de leur statut d’internationaux et de leur importance dans le système Toulousain, Ramos et Cros possèdent une particularité impressionnante : ils sont les deux seuls joueurs à avoir participé aux huit finales remportées par Toulouse depuis 2019.
Voir les deux hommes décider de poursuivre leur carrière ailleurs a donc représenté un petit séisme.
Cela a surtout donné l’impression que les principaux cadres du Stade Toulousain, longtemps extrêmement difficiles à déloger, pouvaient désormais être accessibles aux autres puissances du Top 14.
Ugo Mola n’avait d’ailleurs pas caché combien cette situation l’avait touché.
Le manager reconnaissait vivre une période particulièrement inhabituelle :
« Si je me positionne personnellement, je suis affecté comme jamais. […] Pour autant, le manager du club ne peut pas parler d’échec mais d’une situation propre à notre milieu, pas fréquente chez nous. Cependant, ce n’est pas la première fois qu’un joueur a envie d’aller voir ailleurs, pour des raisons qui lui appartiennent. »
Les concurrents de Toulouse ont rapidement compris l’opportunité.
Meafou et Jelonch attaqués à leur tour
Emmanuel Meafou et Anthony Jelonch faisaient partie des autres internationaux dont l’avenir devait être réglé.
Et les offensives n’ont pas tardé.
Le Stade Français s’est positionné très sérieusement sur Emmanuel Meafou, jusqu’à prendre une longueur d’avance et se retrouver proche de convaincre le deuxième ligne.
De son côté, Anthony Jelonch a reçu plusieurs sollicitations. Clermont s’est notamment intéressé à lui, mais Castres a surtout formulé une proposition financière élevée pour tenter de récupérer son ancien troisième ligne.
Les deux internationaux avaient donc de véritables possibilités de quitter Toulouse.
Après Ramos et Cros, la perspective d’un exode beaucoup plus important commençait à prendre forme.
Toulouse confronté à une nouvelle réalité économique
Cette période ne peut toutefois pas être dissociée des contraintes auxquelles le Stade Toulousain doit désormais s’adapter.
Premier fournisseur du XV de France, le club doit composer avec la réduction progressive et le plafonnement des crédits internationaux, qui doivent à terme représenter environ un million d’euros de masse salariale en moins.
Toulouse mène également une politique interne consistant à proposer des rémunérations à la baisse aux joueurs entrant dans la trentaine.
Un équilibre économique qu’Ugo Mola avait publiquement défendu.
Le technicien refusait de réduire les changements à venir à une simple période de transition :
« Réduire le club à une transition, parce qu’on va perdre certains joueurs aussi remarquables soient-ils, serait trop simpliste. L’évolution doit être permanente, pour ne pas se retrouver dans des proportions qui mettraient l’édifice en danger. »
Mais face aux offensives adverses et au risque de perdre encore plusieurs cadres, Didier Lacroix et ses équipes ont décidé de réagir.
Toulouse change de braquet
Emmanuel Meafou et Anthony Jelonch ont été érigés en priorités absolues.
Pour conserver son deuxième ligne, Toulouse a notamment réalisé un véritable effort financier et lui a proposé un contrat particulièrement long.
Meafou a finalement choisi de poursuivre l’aventure avec les Rouge et Noir pour quatre saisons supplémentaires, plus une année optionnelle.
Anthony Jelonch a lui aussi décidé de rester.
Après avoir sérieusement considéré l’offre de Castres, le troisième ligne a averti les dirigeants Tarnais de son choix et doit désormais prolonger pour trois saisons supplémentaires avec Toulouse.
Deux dossiers majeurs remportés quasiment simultanément.
Capilla et Vergé également verrouillés
La riposte Toulousaine ne s’est pas limitée à la conservation de ses internationaux.
Le club a également obtenu l’accord d’Esteban Capilla, 23 ans, pour trois saisons plus une quatrième en option.
Très convoité, le troisième ligne de Bayonne a notamment reçu une proposition supérieure financièrement de Toulon. Il a pourtant privilégié les arguments sportifs du Stade Toulousain, où il doit numériquement prendre la succession de François Cros.
Dans le même temps, Toulouse a avancé sur la prolongation de Clément Vergé.
Malgré une offensive de Lyon, le deuxième ligne de 25 ans doit poursuivre pour trois saisons supplémentaires. Sa conservation était considérée comme capitale en interne.
En l’espace d’une dizaine de jours, le paysage s’est donc profondément transformé.
Après avoir subi les départs retentissants de Ramos et Cros et vu plusieurs concurrents attaquer ses autres cadres, Toulouse a sécurisé Meafou et Jelonch tout en avançant sur la construction de son futur effectif.
Une manière pour le quadruple champion de France en titre de reprendre la main après avoir découvert, cet été, que ses joueurs les plus convoités n’étaient désormais plus hors d’atteinte.







