
Le XV de France possède l’un des réservoirs les plus impressionnants de la planète, mais toutes les questions sont loin d’être réglées à un an de la Coupe du monde 2027.
La succession de Uini Atonio au poste de pilier droit reste ouverte, la composition de la charnière offre presque trop de possibilités et le nouveau chantier défensif confié à Geoffrey Doumayrou doit encore prendre forme. Trois dossiers majeurs pour Fabien Galthié.
La profondeur de l’effectif Français constitue incontestablement l’une de ses principales forces.
À de nombreux postes, Fabien Galthié dispose de plusieurs solutions de très haut niveau. Mais trois secteurs restent particulièrement difficiles à définir avant le grand rendez-vous Australien. Midi Olympique fait le point dans son édition du jour.
Qui pour succéder définitivement à Uini Atonio ?
C’est probablement l’interrogation la plus importante.
Le staff aurait aimé pouvoir compter sur Uini Atonio jusqu’à la Coupe du monde 2027, à 37 ans. Mais les problèmes de santé du Rochelais ont brutalement accéléré la réflexion autour de sa succession.
Et aucun candidat ne s’est encore définitivement imposé.
Dorian Aldegheri, titulaire lors du dernier Tournoi, a ensuite perdu sa place de numéro un à Toulouse en fin de saison.
Georges-Henri Colombe et Demba Bamba possèdent d’importantes qualités physiques mais n’ont pas encore réussi à s’installer durablement comme la réponse évidente au poste.
Dans cette course, Régis Montagne semble désormais posséder une véritable carte à jouer.
Le Clermontois devra néanmoins confirmer durant l’automne, avec une difficulté supplémentaire : il ne pourra pas évoluer aux côtés d’Emmanuel Meafou, blessé au genou.
Enfin, Tevita Tatafu reste également à surveiller alors qu’il parvient à enchaîner les rencontres avec Bayonne.
À un an du Mondial, le numéro 3 des Bleus n’a donc toujours pas de propriétaire incontestable.
Ntamack, Jalibert, Ramos : comment construire la charnière ?
À la charnière, le problème est totalement différent.
Cette fois, les Bleus disposent presque de trop de solutions.
Sauf bouleversement, Antoine Dupont devrait conserver sa place de titulaire à la mêlée, malgré les performances de Maxime Lucu.
Mais l’identité des deux autres joueurs chargés de composer cette « charnière à trois » reste beaucoup plus difficile à déterminer.
La blessure de Matthieu Jalibert donne actuellement un avantage à l’association Toulousaine Romain Ntamack – Thomas Ramos.
Une combinaison que le staff aurait déjà aimé pouvoir exploiter lors de la précédente Coupe du monde.
Mais Jalibert a marqué des points.
Jalibert a rebattu les cartes
Ses performances pendant le Tournoi 2026 ont apporté davantage de vitesse et de créativité au jeu Français.
Une autre possibilité a également été testée : utiliser Matthieu Jalibert à l’arrière, une option qui avait fonctionné durant la fin de la tournée estivale.
Mais cette solution entraîne immédiatement une autre interrogation.
Installer Jalibert au numéro 15 signifierait potentiellement se priver de Thomas Ramos, meilleur réalisateur de l’histoire du XV de France, un choix forcément lourd dans une compétition aussi serrée qu’une Coupe du monde.
Fabien Galthié possède néanmoins un avantage par rapport à 2023 : les différentes configurations ont désormais été travaillées.
Les blessures et les états de forme pourraient finalement effectuer une partie de la sélection à sa place.
Geoffrey Doumayrou doit reconstruire la défense
Le troisième grand chantier concerne la défense.
Si l’attaque Française a particulièrement brillé ces deux dernières années, le rendement défensif n’a pas connu la même réussite.
Le départ de Shaun Edwards a entraîné une réorganisation, tandis que Fabien Galthié s’est rapproché de ce secteur.
Après l’intérim assuré cet été par Gérald Bastide, le choix s’est finalement porté sur Geoffrey Doumayrou, préféré à Christophe Laussucq.
Son arrivée pourrait également annoncer une évolution importante dans la philosophie défensive des Bleus.
Un retour vers une défense très agressive ?
Geoffrey Doumayrou a notamment démontré à Montpellier son intérêt pour un premier rideau capable d’exercer énormément de pression sur l’adversaire.
Le modèle Sud-Africain constitue à ses yeux une importante source d’inspiration.
Le nouveau responsable de la défense des Bleus expliquait récemment sa philosophie.
« J’adore ce que fait l’Afrique du Sud. On ne peut pas faire exactement la même chose mais on peut s’en inspirer, et l’aménager. […] Un système défensif, c’est un état d’esprit d’abord, mais aussi une méthode et une stratégie. »
Le XV de France pourrait donc progressivement revenir vers une défense en « rush », agressive et destinée à transformer ce secteur en véritable arme offensive.
Entre la recherche du successeur d’Atonio, l’immense concurrence autour de la charnière et la nouvelle philosophie défensive à installer, Fabien Galthié dispose encore d’une année pour apporter les dernières réponses.







