
Le RC Vannes traverse une période particulièrement difficile. Après six journées de Top 14, le club breton n’a toujours pas remporté la moindre rencontre et ne compte qu’un seul point au classement.
Une situation qui commence sérieusement à agacer les joueurs, lassés de recevoir des compliments sur leur courage et leur qualité de jeu sans parvenir à décrocher de résultats.
Après la défaite à Perpignan (21-12), plusieurs cadres ont décidé de hausser le ton. Pierre Boudehent, Nathanaël Hulleu et le capitaine Francisco Gorrissen réclament désormais un changement d’état d’esprit pour tenter de relancer la saison.
Car le problème vannetais ne réside pas uniquement dans les performances proposées. Sur leurs six défaites, quatre ont été concédées avec moins de dix points d’écart.
Les Bretons ont régulièrement rivalisé avec leurs adversaires, sans réussir à faire basculer les rencontres en leur faveur. Une répétition de scénarios frustrants qui pousse aujourd’hui le vestiaire à remettre en question son approche des matches.
« On est un peu trop gentils » : Pierre Boudehent pousse un coup de gueule
La dernière défaite à Perpignan a visiblement constitué un moment important dans la prise de conscience des joueurs vannetais.
Au coup de sifflet final, Pierre Boudehent n’a pas cherché à masquer son immense frustration.
Alors que son équipe venait de concéder une sixième défaite consécutive en championnat, le joueur a regretté cette incapacité à transformer des prestations encourageantes en victoires.
Au micro de Canal+, Pierre Boudehent a exprimé son ras-le-bol :
« C’est toujours pareil depuis le début de la saison. On est gentil, on joue bien, on fait plaisir aux supporters et à la fin c’est toujours pareil. Donc je pense qu’il faut qu’on commence à un peu en avoir marre là. Très déçu, il y avait la place aujourd’hui. On est un peu trop gentils. »
Un discours bien différent des réactions plutôt positives qui avaient accompagné les premières défaites de la saison.
Désormais, les joueurs ne veulent plus simplement être félicités pour leur engagement ou leur résistance.
Ils veulent gagner.
« On est encore la gentille petite équipe de Vannes »
Nathanaël Hulleu a lui aussi tenu des propos particulièrement forts après le revers face à l’USAP.
Le joueur vannetais estime que son équipe doit sortir de son statut de promu sympathique, régulièrement encouragé malgré les défaites.
Car si les performances peuvent laisser entrevoir des progrès, le classement reste particulièrement préoccupant.
Nathanaël Hulleu a dénoncé cette situation répétitive :
« J’ai l’impression de me répéter chaque semaine. On n’est pas loin de gagner et on repart avec zéro point. (…) On est encore la gentille petite équipe de Vannes qui monte de Pro D2. C’est bien, vous n’avez pas démérité, on vous tape sur l’épaule. »
Cette déclaration illustre une frustration qui dépasse désormais les simples résultats.
Les joueurs souhaitent que leurs adversaires les considèrent comme une équipe capable de s’imposer, et non comme une formation courageuse qui finit toujours par céder.
Francisco Gorrissen confirme : « On veut arrêter d’être gentils »
Les propos de Pierre Boudehent et Nathanaël Hulleu n’étaient pas de simples réactions isolées à chaud.
Le sujet a été abordé au sein du vestiaire vannetais au cours des derniers jours.
Et le capitaine Francisco Gorrissen confirme que les joueurs partagent cette volonté de changer d’attitude.
Sans renier les valeurs qui font l’identité du club breton, les Vannetais veulent désormais afficher davantage de caractère sur le terrain.
Francisco Gorrissen a expliqué les discussions menées dans le groupe :
« Oui, ce sont des choses dont on parle entre nous. D’arrêter d’être la gentille équipe de Vannes, qui a un très beau stade, une très belle ambiance, qui ne siffle pas le buteur et tout ça. On en est fiers, mais on veut arrêter d’être gentils. Il faut être un peu plus craint des autres. »
Un message qui traduit la volonté de conserver l’identité du club tout en devenant plus difficile à affronter.
Pour les joueurs, le respect des adversaires ne doit plus seulement venir de leur courage, mais également de leur capacité à remporter des rencontres.
Jean-Noël Spitzer ne partage pas totalement le constat de ses joueurs
Si le vestiaire réclame davantage de caractère, Jean-Noël Spitzer privilégie une analyse plus technique des difficultés rencontrées.
L’entraîneur du RC Vannes ne nie pas les problèmes de son équipe, mais considère que le manque d’efficacité constitue la principale explication de cette série de défaites.
Selon lui, les Bretons ont régulièrement eu les occasions nécessaires pour rester dans les rencontres et espérer les remporter.
Jean-Noël Spitzer a tenu à distinguer son analyse de celle de ses joueurs :
« Ils ont le droit de s’exprimer, c’est leur avis, ce n’est pas le mien. Je constate juste qu’on manque d’efficacité, qu’aujourd’hui, hormis le match de Pau qui est un scénario très particulier, l’adversaire n’a pas marqué suffisamment de points pour clôturer le match. C’est à nous de marquer au moins un essai de plus pour être dans le match jusqu’à la fin. Toute mon énergie est consacrée à marquer ces essais supplémentaires qui nous remettraient dans la course. »
Pour le technicien, il ne s’agit donc pas nécessairement de bouleverser l’état d’esprit du groupe.
L’enjeu est surtout de transformer les occasions créées en points supplémentaires.
« Tout n’est pas à jeter » : Spitzer refuse de céder à la panique
Malgré les six défaites consécutives, Jean-Noël Spitzer ne souhaite pas remettre en cause l’ensemble du travail effectué depuis le début de saison.
L’entraîneur estime que son équipe a montré suffisamment de choses intéressantes pour continuer à s’appuyer sur ses acquis.
Il veut notamment éviter que la frustration et les discours extérieurs ne prennent le dessus sur l’analyse sportive.
Le manager vannetais a détaillé sa méthode pour sortir de cette mauvaise série :
« Il faut toujours rester le plus objectif possible quand tu fais une analyse. Tout n’est pas à jeter et il faut s’appuyer sur ce qu’on a fait de bien et identifier les axes d’amélioration. C’est ça la clé pour travailler chaque semaine. Si tu ne restes pas sur ces données très objectives, maîtrisables, que tu peux recontextualiser par le travail, tu t’éloignes de la vérité et tu laisses la porte ouverte pour tous les bruits possibles. »
Entre la volonté des joueurs de montrer davantage de caractère et celle du staff de corriger les détails techniques, le RC Vannes cherche désormais la formule qui lui permettra de débloquer son compteur de victoires.
Le prochain rendez-vous à La Rabine s’annonce particulièrement important pour une formation qui doit rapidement prendre des points afin de continuer à croire au maintien en Top 14.







