
L’ASM Clermont traverse une période particulièrement délicate. Battus sur la pelouse de Vannes (27-26) après avoir compté jusqu’à 17 points d’avance, les Auvergnats viennent d’enchaîner une quatrième défaite consécutive.
Un scénario difficile à digérer pour Christophe Urios, qui refuse de se réfugier derrière un problème de mentalité et pointe avant tout les insuffisances rugbystiques de son équipe.
Pendant plus d’une heure, Clermont semblait pourtant avoir fait le plus difficile. Sérieux dans les fondamentaux, les partenaires de Baptiste Jauneau avaient progressivement pris le contrôle de la rencontre, jusqu’à mener 23-6 à la 46e minute.
Mais face à des Vannetais déterminés à décrocher leur première victoire de la saison, l’ASM a complètement perdu le fil dans les vingt dernières minutes. Erreurs techniques, plaquages manqués, indiscipline et nervosité ont permis aux Bretons de renverser une rencontre qui paraissait leur échapper.
« C’est un véritable coup de massue »
Le scénario est d’autant plus cruel pour Clermont que le club avait déjà connu une mésaventure comparable la saison dernière, en devenant la première équipe à s’incliner contre Perpignan, alors dernier du classement et toujours sans victoire.
Cette fois, les Auvergnats ont laissé Vannes prendre progressivement confiance avant de céder dans les ultimes secondes.
Le troisième ligne Anthime Hemery a exprimé sa déception après la rencontre :
« Nouvelle défaite… On maîtrise beaucoup de choses en première mi-temps. En deuxième période, Vannes a beaucoup mieux maîtrisé que nous. Et on laisse filer le match à la fin. C’est un véritable coup de massue car, encore une fois, on n’arrive pas à avoir la maîtrise à 100 % sur 80 minutes. Je ne pense pas que le problème soit mental car tout le monde a envie de bien faire sur le terrain. »
Malgré cette volonté affichée, les Clermontois n’ont pas réussi à conserver leur sérénité lorsque la pression vannetaise s’est intensifiée.
Même Baptiste Jauneau, très entreprenant pendant la première heure, a commis plusieurs erreurs en fin de rencontre. Le demi de mêlée Baptiste Germain, dont le profil aurait pu apporter davantage de gestion, est quant à lui resté sur le banc.
Christophe Urios regrette les nombreuses erreurs
Pour le manager clermontois, la défaite s’explique notamment par l’incapacité de son équipe à conserver la maîtrise de ses actions sous pression.
Les fautes se sont multipliées au moment où Vannes revenait au score, offrant aux Bretons des occasions supplémentaires de s’installer dans le camp adverse.
Christophe Urios a reconnu les difficultés rencontrées dans les derniers instants :
« On a eu des moments de pression à cause de nos erreurs. C’est tout un tas de choses qui font que l’on n’a pas réussi à contrôler ce match sur la fin. »
Les Auvergnats ont finalement concédé l’avantage à seulement 33 secondes du terme, après l’essai de Francisco Gorrissen et la transformation d’Anthony Bouthier. Une fin de rencontre qui laisse forcément des regrets au regard de la physionomie du match.
Un manque d’efficacité qui coûte très cher
Au-delà de cette fin de match ratée, Clermont souffre également d’un problème récurrent : son incapacité à concrétiser suffisamment ses temps forts.
Face à Vannes, l’ASM a pénétré à treize reprises dans les 22 mètres adverses, pour une moyenne de seulement 1,5 point inscrit par entrée.
Un rendement insuffisant qui a empêché les hommes de Christophe Urios de prendre définitivement leurs distances au tableau d’affichage. À l’heure de jeu, malgré leur domination initiale, les Clermontois ne possédaient plus que dix points d’avance (23-13).
Le RC Vannes a alors pu poursuivre sa remontée, conformément au scénario espéré par son capitaine Francisco Gorrissen.
« Ce qui pèche, c’est notre rugby »
Christophe Urios ne souhaite cependant pas remettre en cause l’engagement de ses joueurs.
Pour le manager auvergnat, les solutions devront être trouvées à l’entraînement, notamment dans la précision technique et la capacité à mieux exploiter les occasions.
Le technicien a livré une analyse sans détour des difficultés actuelles via La Montagne :
« Il faut continuer à bosser. Il n’y a pas de magie, il n’y a pas de miracle. Il faut rester ensemble et se dire les choses. Et chercher à améliorer ce qu’il faut améliorer. Aujourd’hui, notre état d’esprit et notre mentalité sont très bons. Ce qui pèche, c’est notre rugby. Il n’est pas assez bon, pas assez précis. Aujourd’hui, même si on a contrôlé le match, il y a des moments où il faut qu’on soit plus forts. Et quand l’aspect technique est à améliorer, il faut travailler. »
Clermont devra rapidement retrouver de l’efficacité et de la confiance pour stopper cette mauvaise série.
Le prochain rendez-vous est déjà fixé : la réception du Racing 92, samedi à 14h30, au stade Marcel-Michelin.
Après quatre revers consécutifs, les Auvergnats n’auront guère le droit à une nouvelle contre-performance devant leur public.







