
Les blessures se multiplient dans le rugby français et Louis Bielle-Biarrey ne cache pas son inquiétude. Alors que plusieurs internationaux sont indisponibles, l’ailier de l’Union Bordeaux-Bègles estime que les effectifs sont soumis à une pression physique de plus en plus importante. Une situation qui le conforte dans son choix de s’être reposé cet été, après une saison particulièrement éprouvante. L’international français est également revenu sur les mauvais souvenirs laissés par l’Afrique du Sud et l’élimination du XV de France lors de la Coupe du monde 2023.
De retour avec les Bleus, Louis Bielle-Biarrey mesure l’importance des prochaines rencontres internationales. Mais avant de se projeter vers les grandes échéances, le Bordelais a tenu à évoquer dans les colonnes du journal L’équipe les conséquences de l’enchaînement des matches sur la santé des joueurs et la nécessité de préserver les organismes.
« J’étais fatigué » : Bielle-Biarrey justifie son repos estival
Après une saison particulièrement intense avec l’UBB, marquée notamment par un long parcours en Champions Cup et une lutte permanente en championnat, Louis Bielle-Biarrey avait besoin de récupérer.
Même si manquer des rencontres internationales représente une frustration, l’ailier français estime aujourd’hui avoir pris la bonne décision.
Louis Bielle-Biarrey explique que cette coupure estivale lui a permis de récupérer après une saison éprouvante et qu’elle lui paraît encore plus nécessaire au regard des blessures actuelles :
« Ca m’a fait beaucoup de bien de couper cet été. Et quand je vois toutes les blessures qu’il y a avec les joueurs en ce moment, je me dis que le repos n’était pas de trop. J’en avais besoin mais comme tous les joueurs car à la fin d’une saison, on a besoin de repos. Au moment des matches, on est un peu frustré car évidemment on veut toujours jouer surtout en équipe de France. Mais à moyen ou long terme, la meilleure décision était de me reposer cet été. J’étais fatigué car les saisons sont longues et éprouvantes. On a eu un très beau parcours en Champions Cup avec l’UBB et on devait se battre tous les week-ends en championnat pour ramener des points donc c’était une longue saison. »
Une multiplication des blessures qui l’interpelle
S’il affirme ne jamais avoir connu de blessure importante, Louis Bielle-Biarrey constate que la situation devient préoccupante dans les effectifs professionnels.
L’international français évoque notamment les difficultés rencontrées par les équipes pour disposer de joueurs suffisamment nombreux et disponibles.
Le Bordelais estime que l’accumulation des blessures soulève de véritables interrogations sur les contraintes physiques imposées aux joueurs :
« Je ne me suis jamais blessé et je n’ai pas forcément peur de la blessure. Je pars du principe que quand on s’envoie à 100% et qu’on est 100% impliqué, je pense d’après le retour d’expérience des autres, qu’on a le moins de chance de se blesser. Mais c’est vrai que cette année c’est impressionnant. Les effectifs sont de plus en plus à flux tendu et ça pose de vraies questions. Fabien Galthié avait dit qu’il gérait une équipe de survivants et c’est d’autant plus vrai maintenant. On a une équipe qui reste très compétitive et il y a moyen de faire de belles choses au mois de novembre. »
Malgré ces nombreuses absences, Bielle-Biarrey conserve donc sa confiance dans les ressources du XV de France pour rivaliser avec les grandes nations.
Un début de saison compliqué avec l’UBB
Sur le plan personnel, l’ailier français reconnaît également avoir traversé une période moins évidente lors des premières semaines de compétition.
Après son repos estival, il a notamment dû gérer quelques difficultés avant de retrouver de meilleures sensations.
Louis Bielle-Biarrey reconnaît avoir connu un passage à vide en début de saison, mais assure que ses problèmes sont désormais derrière lui :
« En début de saison j’ai eu un petit coup de mou, de petits soucis. Mais tout est réglé donc tout va bien. »
« On s’était un peu bridé » : les regrets face à l’Afrique du Sud
Au-delà des préoccupations physiques, Louis Bielle-Biarrey est également revenu sur les confrontations avec les Springboks.
Le souvenir de la dernière opposition reste difficile pour l’international français, qui estime que les Bleus n’avaient pas pleinement exploité leurs capacités.
L’ailier bordelais considère que les Français avaient manqué d’audace et commis des erreurs stratégiques face à une équipe sud-africaine qui ne laisse aucune place à l’approximation :
« L’Afrique du Sud ce ne sont pas de bons souvenirs. La dernière fois, c’était un match compliqué sur la fin mais je pense qu’on n’a pas utilisé notre plein potentiel, on s’était un peu bridé. Parfois c’est comme ça, on fait des choix sur le terrain qui ne sont pas forcément toujours les bons. On ne fait pas le match parfait et quand on veut les battre, il faut faire le match parfait car eux, on sait qu’ils le feront. Il faut être prêt au niveau stratégique et être le plus sur la même longueur d’onde pour les faire déjouer. »
La Coupe du monde 2023 reste dans les mémoires
Louis Bielle-Biarrey n’a pas non plus oublié l’élimination française lors de la Coupe du monde 2023.
Encore jeune à l’époque, il avait découvert les exigences du très haut niveau international en étant sélectionné pour la compétition, avant de participer à la rencontre face aux Sud-Africains.
Une expérience qui lui a permis de mesurer l’écart entre les exigences du Top 14, de la Champions Cup et celles d’un match éliminatoire de Coupe du monde.
Bielle-Biarrey explique que cette défaite continue de le marquer, mais qu’il souhaite surtout utiliser les enseignements de cette expérience pour progresser :
« 2023 ? J’y pense encore. Je pense à ma dernière Coupe du monde et on se dit qu’on n’est pas passé loin. Mais il faut aussi se servir de ça et avancer. On est une équipe différente, on a un groupe différent. C’est sûr que pour certains, ça va nourrir à l’approche de la Coupe du monde, mais ressasser le passé ne nous fait pas toujours avancer. J’avais beaucoup appris car j’avais joué mes premières phases finales avec l’UBB juste avant. J’étais surpris d’être dans les 42 puis d’être dans la liste pour la Coupe du monde. Je m’étais retrouvé titulaire pour ce match. A ce niveau-là, surtout quand on est jeune, on apprend beaucoup plus vite. Je n’avais pas été parfait sur ce match et c’est une grosse remise en question de se dire que si on veut gagner une Coupe du monde et si on veut être au niveau pour gagner une Coupe du monde, il faut progresser sur pleins de secteurs de jeu et que les petits détails passent parfois en Top 14 ou en Champions Cup ne passent pas à ce niveau. »







