
Longtemps contraint de patienter avant de véritablement s’installer dans le groupe France, Maxime Lamothe voit aujourd’hui sa situation évoluer. Le talonneur de l’Union Bordeaux-Bègles profite notamment de la blessure de Julien Marchand et du retour relativement récent de Peato Mauvaka à la compétition pour gagner du temps de jeu. Titulaire face aux Fidji samedi soir, il entend saisir chaque opportunité à un an de la Coupe du monde 2027.
Le Bordelais revient de loin. Appelé pour la première fois dans un rassemblement des Bleus après le Mondial 2023, il a dû attendre longtemps avant de connaître sa première sélection. Désormais, les rencontres internationales s’enchaînent et sa progression dans les secteurs de la conquête lui permet de s’affirmer comme une option crédible au talonnage.
Deux années d’attente avant de trouver sa place
Maxime Lamothe mesure le chemin parcouru depuis ses premières convocations avec le XV de France.
Dans les colonnes de L’équipe, le talonneur bordelais revient sur son parcours et ses premières apparitions sous le maillot tricolore :
« La première fois que j’ai été appelé pour un rassemblement, c’était après la Coupe du monde 2023. Ensuite, il y a eu un enchaînement durant lequel je n’ai pas joué pendant deux ans. Ma première sélection est arrivée il y a un an tout pile, ou presque. C’était aussi en novembre face aux Fidji. »
Depuis, le joueur de l’UBB a progressivement gagné du temps de jeu, notamment lors du Tournoi des Six Nations et de la tournée estivale.
Il savoure cette nouvelle dynamique sans considérer sa place comme acquise :
« J’ai ensuite enchaîné avec un match dans le Tournoi des Six Nations et j’ai eu la chance de pouvoir disputer les trois matches de juillet dans ce Championnat des nations. Je suis très content, je prends ce qu’on me donne et j’essaie à chaque fois de donner le meilleur de moi-même pour aider l’équipe à gagner des matches. »
Pour progresser au plus haut niveau, Lamothe a notamment concentré ses efforts sur la mêlée, avec l’aide de William Servat.
Il explique le travail réalisé pour améliorer ses performances :
« En mêlée, par exemple, je savais que j’avais de gros progrès à faire. Donc j’ai beaucoup travaillé avec Will (William Servat, responsable de la conquête), beaucoup travaillé en club et je pense m’être amélioré. »
Le talonneur sait néanmoins que les exigences internationales imposent une progression permanente :
« Après, à ce niveau-là, il faut toujours essayer d’aller chercher le petit pourcentage de plus qui te rendra encore plus efficace. Au niveau international, on sait que la mêlée et la touche sont des secteurs ultra importants, et qu’ils vont l’être de plus en plus. »
Les Fidji, un adversaire à ne surtout pas sous-estimer
Samedi, le XV de France retrouvera les Fidji dans le cadre du Championnat des nations.
Maxime Lamothe se méfie particulièrement des progrès réalisés par les joueurs du Pacifique dans les secteurs de la conquête.
Il prévient que le danger fidjien ne se limite pas aux trois-quarts :
« À ce niveau, quelle que soit l’équipe qu’on affronte, il faut se méfier de tous les joueurs. C’est vrai qu’on parle beaucoup des individualités de la ligne de trois-quarts fidjienne, mais j’ai envie de dire qu’à tous les postes il y a des joueurs capables de faire des différences. »
Il souligne également leur progression collective :
« On le voit sur ces dernières années, ils s’améliorent aussi au niveau du collectif et de la conquête, que ce soit en touche ou en mêlée, donc c’est évidemment une équipe très dangereuse. »
Le Bordelais affiche également ses ambitions dans cette nouvelle compétition internationale.
Il assure que les Bleus veulent aller chercher le titre :
« Oui, c’est vrai que ce Championnat des nations a démarré l’été dernier. On en a déjà parlé entre nous, et comme on est tous des compétiteurs, dès qu’on s’engage dans une compétition pareille, c’est évidemment avec l’envie de la gagner. Ça fait donc plaisir de revenir et de rebattre les cartes en novembre. »
La Coupe du monde 2027 déjà dans les esprits ?
À un an du prochain Mondial en Australie, chaque titularisation peut représenter une occasion importante de marquer des points auprès du staff tricolore.
Mais Maxime Lamothe refuse de considérer chaque rencontre comme une sélection pour la Coupe du monde.
Il préfère se concentrer sur ses performances immédiates :
« Je ne sais pas s’il faut le voir comme ça, mais en tout cas, à chaque fois qu’on a l’opportunité de porter le maillot de l’équipe de France, il faut se donner à 100 % et vouloir faire le meilleur match possible. La Coupe du monde, c’est loin et proche à la fois. Mais si on commence déjà à se projeter, on risque de faire de mauvaises performances. »
Sa priorité reste le prochain rendez-vous face aux Fidji :
« À partir de maintenant, c’est match après match. D’abord on a un match face aux Fidji ce week-end (samedi, 21h10), on essaiera de tous faire une bonne prestation, et ensuite on verra pour la suite. »
Même prudence concernant l’Afrique du Sud, prochain adversaire des Bleus.
Lamothe connaît la puissance des Springboks, mais refuse de brûler les étapes :
« Tout le monde le sait, c’est une équipe qui est très dominante, très puissante. Ils ont un pack redoutable. Mais l’Afrique du Sud, c’est la semaine prochaine. Là, on va rencontrer les Fidji et on est concentrés à 100 % sur ce premier adversaire. »
Un hommage appuyé à Sipili Falatea
Maxime Lamothe a également évoqué la situation de son coéquipier bordelais Sipili Falatea, qui pourrait retrouver une place de titulaire avec les Bleus face aux Fidji.
Le pilier droit a traversé une longue période difficile en raison de blessures répétées.
Lamothe rappelle les épreuves surmontées par son partenaire :
« « Sipi », je le connais évidemment très bien pour le côtoyer en club. C’est vrai qu’il a passé presque deux ans à enchaîner les blessures, notamment à un genou. Mais voilà plus d’un an qu’il revient au top niveau. »
Il salue particulièrement son investissement et son retour au premier plan :
« On le voit, il est dominant en mêlée, dominant dans le jeu, il enchaîne les tâches. Ça fait évidemment plaisir de revoir ce joueur au top niveau, parce qu’il l’a déjà été avec l’équipe de France lors de la dernière Coupe du monde. Il a beaucoup travaillé dans l’ombre, c’est quelqu’un qui est très discret, mais qui ne rechigne jamais sur les efforts. Respect à lui, tout le monde est content pour ce qu’il lui arrive. »
Louis Bielle-Biarrey impressionne même ses coéquipiers
Enfin, le talonneur de l’UBB a évoqué l’immense popularité de Louis Bielle-Biarrey.
Il reconnaît attendre, comme les supporters, les accélérations spectaculaires de son coéquipier :
« C’est vrai qu’il y a une grande effervescence autour de « Loulou ». C’est quelqu’un qui est beau à voir, quoi. Quand on le voit sur le terrain, on attend tous de le voir faire ces fameuses courses de 50 ou 60 m. On attend qu’il perce, qu’il traverse le terrain, qu’il fasse un exploit individuel avec ses crochets et sa vitesse. »
Lamothe comprend parfaitement l’engouement suscité par l’ailier français :
« C’est ce que le public aime et ce qu’il attend de lui. Beaucoup de jeunes s’identifient à lui, peut-être parce que c’est plus facile de s’identifier à un ailier qu’à un talonneur (sourire). »
Il estime que cette popularité récompense le travail de Bielle-Biarrey :
« En plus de ça, avec son casque rouge, qui est sa petite marque à lui, on le voit beaucoup depuis les tribunes et on entend beaucoup les supporters crier « Loulou ! ». Ce sont des choses qui sont méritées au regard du travail qu’il accomplit. »







