
Mickaël Guillard a décidé de changer ses habitudes pour retrouver son meilleur niveau. Après avoir perdu sa place dans le XV de France au cours de l’été, le deuxième ligne du LOU Rugby a entrepris une véritable transformation physique. Résultat : six kilos perdus, une condition physique retrouvée et des performances impressionnantes depuis le début de la saison de Top 14. À 25 ans, le Lyonnais retrouve une place de titulaire avec les Bleus face aux Fidji, ce samedi 7 novembre. Une belle revanche pour celui qui avait pourtant été l’un des joueurs les plus utilisés par Fabien Galthié ces dernières saisons.
Entre l’été 2024 et le dernier Tournoi des Six Nations, Mickaël Guillard avait participé à 19 des 21 rencontres disputées par le XV de France. Mais cette dynamique s’est brutalement interrompue durant l’été 2026. Malgré un capitanat avec France A face à l’Angleterre, il n’avait ensuite disputé que 47 minutes lors du premier match du Championnat des Nations en Nouvelle-Zélande. Un coup d’arrêt qui l’a poussé à revoir sa préparation.
« Rien n’est acquis avec le XV de France »
Cette perte de statut a provoqué une véritable prise de conscience chez le deuxième ligne lyonnais.
Mickaël Guillard reconnaît que cette période compliquée lui a permis de prendre du recul sur sa situation :
« Rien n’est acquis avec le XV de France… C’était une bonne remise en question. Franchement, cet été, ça m’a fait grandir. »
Après une blessure au genou au printemps, le joueur a notamment décidé de revoir son hygiène de vie.
Il a perdu six kilos durant l’été pour atteindre 120 kg, tout en accentuant son travail physique avec Lyon.
Une évolution qui s’est accompagnée d’une attention particulière portée à son alimentation.
Le deuxième ligne avait déjà reconnu que la diététique constituait l’un de ses principaux axes de progression :
« L’hygiène de vie, c’est là que j’ai des axes de progression, au niveau de la diététique notamment. »
Des repas photographiés et analysés par les diététiciens
Au sein du XV de France, les joueurs bénéficient d’un suivi nutritionnel individualisé, adapté à leur morphologie et à leurs besoins.
Mickaël Guillard avait notamment expliqué que les internationaux devaient transmettre des photographies de leurs repas aux spécialistes de l’alimentation.
Le Lyonnais détaille le fonctionnement de cet accompagnement :
« On prend en photo nos plats, on les envoie. Et après, on nous dit : “Vu ton gabarit, vu ta morphologie, ton métabolisme, il faudrait plutôt que tu évites de manger ça, que tu prennes plutôt ça”. »
Le joueur a ainsi réduit sa consommation de certains plaisirs sucrés, notamment les tartes à la framboise et les flans pâtissiers.
En parallèle, il a multiplié les efforts supplémentaires après les entraînements avec le LOU, afin d’améliorer sa capacité à répéter les séquences de haute intensité.
Des statistiques impressionnantes avec Lyon
Les résultats de cette transformation sont déjà visibles sur les terrains du Top 14.
Mickaël Guillard a participé à sept des huit premières rencontres de la saison, disputant même l’intégralité de six matchs.
Une régularité inhabituelle pour le deuxième ligne, devenu l’un des avants les plus utilisés du championnat.
Le joueur reconnaît lui-même les progrès accomplis sur le plan physique :
« Je me sens très bien physiquement. »
Mais son influence ne se limite pas à son temps de jeu.
Avec 95 plaquages réussis, dont 11 plaquages dominants, Mickaël Guillard figure parmi les joueurs les plus performants du championnat dans le secteur défensif.
Il se distingue également par son activité ballon en main, comme lors de sa percée d’une vingtaine de mètres face à Bayonne, après avoir éliminé deux défenseurs, sur une action conclue par un essai de Baptiste Couilloud.
Un rôle important avec les Bleus en l’absence de Meafou
Cette montée en puissance intervient à un moment particulièrement favorable pour Mickaël Guillard.
Avec l’indisponibilité d’Emmanuel Meafou, le XV de France doit trouver des solutions pour conserver de la puissance en deuxième ligne.
Le profil du Lyonnais, capable d’avancer ballon en main et de multiplier les interventions défensives, représente donc un atout important face aux Fidji.
Pour autant, le principal intéressé refuse de se considérer comme un joueur bénéficiant d’un traitement particulier dans le système offensif des Bleus.
Il insiste sur le fonctionnement collectif de l’équipe de France :
« Je n’ai pas de rôle particulier, on ne dit pas qu’il faut me passer la balle tout le temps. On a un système de jeu qui fait que devant, peu importe le numéro dans le dos, on peut être mis en valeur. C’est à nous de nous mettre dans les bonnes conditions, peu importe qui porte la balle. »







