
Le manager de l’ASM Clermont Auvergne, Christophe Urios, s’est récemment prêté à un échange avec les lecteurs du quotidien régional La Montagne.
Au fil de cette rencontre, l’entraîneur a détaillé sa méthode et sa philosophie pour bâtir une équipe solide.
Après avoir traversé des périodes compliquées durant ses deux premières campagnes avec Clermont, Urios se sent désormais renforcé par l’expérience. Il confie :
« Je suis un bâtisseur. J’aime construire, co-construire. Je sais trop que si les joueurs ne sont pas acteurs du projet, ça ne marche pas. En tout cas, pas sur la durée. Donc, je fais en sorte de créer des choses dans lesquelles les joueurs sont acteurs. Des fois ça marche, d’autres fois un peu moins bien. Quand ça marche moins bien, c’est que je n’ai pas confiance.
Jusqu’à maintenant, à l’ASM, j’étais toujours sur le qui-vive, je ne savais pas trop. Mais depuis cette intersaison, je trouve que tout le monde est en confiance. Ça m’aide vraiment. Je suis plus à l’aise, je me sens plus fort. »
Le technicien souligne par ailleurs son profond respect et son empathie envers son groupe.
Cependant, cela ne l’empêche pas d’être franc si un joueur ne répond pas aux attentes. Il explique :
« Si je dois qualifier mon management, je dirais que je suis dans l’empathie. J’aime aller chercher le mec, j’aime comprendre le joueur. Je suis très à l’écoute. J’ai un grand respect pour les personnes. Mais aussi un très grand respect pour le travail qu’il y a à faire. Tu ne m’enfumeras.
On peut passer des moments sympas ensemble, mais si tu ne fais pas ton boulot, je vais te le dire. Parfois, c’est pas facile. Mais, j’aime quand les gens sont engagés à 100 %, quitte à faire des erreurs. C’est pas grave, ça fait partie de l’apprentissage. Moi, des erreurs, j’en fais tous les jours. Par contre, j’essaie de pas faire les mêmes. »
Pour illustrer son propos, il prend notamment l’exemple de Benjamin Urdapilleta, qu’il a entraîné à Oyonnax, Castres, et Clermont.
« Je veux mettre l’humain au centre. Mais ce n’est pas pour autant que je suis le pote des joueurs. Il y a des gens que j’aime dans le monde du rugby, j’ai entraîné des mecs que j’aime, mais ce ne sont pas mes potes. Par exemple, avec “Benji” Urdapilleta, j’avais une relation incroyable. Mais je peux te dire que quand il n’était pas bon, il le prenait dans les dents. Ce n’est pas un problème pour moi parce qu’on ne peut pas tout mélanger.
Quand tout va bien, je n’ai pas de problème. Mais si ce n’est pas le cas, je vais le dire. Et à qui que ce soit. Ça, c’est mon fil rouge. Tu peux parler avec des gens que j’ai coachés en tant que jeune entraîneur, ils te diront tous la même chose. Et ça, pour moi, c’est ma plus grande fierté. »







