Perpignan frappe un grand coup en annonçant la signature de Sevu Reece, talentueux ailier néo-zélandais, pour les trois prochaines saisons. Une arrivée majeure pour l’USAP, actuellement en difficulté, qui suscite un véritable engouement dans le rugby français.
Dans une interview accordée à Rugby Pass, François Rivière, président de l’USAP, dévoile les coulisses de ce recrutement spectaculaire. « Il faut bien que chacun puisse amener quelque chose à l’USAP et je ne pense pas être totalement incapable de ce point de vue-là. Mais pour être sincère, la réputation extraordinaire de l’USAP à l’international est le premier point. Le deuxième est, je le crois, que le club a un actionnaire stable, moi en l’occurrence, depuis onze ans maintenant. Cela rassure énormément les joueurs. Enfin, notre projet de club. On a fait un nouveau centre d’entraînement, on a aussi un nouveau centre de formation qui arrive donc les joueurs voient bien qu’on souhaite vraiment avancer », explique-t-il.
Le président insiste également sur le travail méticuleux de la cellule recrutement : « On a une cellule de recrutement et j’ai chez moi des personnes qui suivent en permanence des joueurs de ce type qui peuvent être intéressés à venir chez nous. On dresse une liste et puis on contacte les agents. Ceux qui font ça chez nous sont très actifs car cela demande de surveiller les dossiers comme le lait sur le feu. »
Pour François Rivière, l’arrivée de Sevu Reece est un coup de maître. « Elle est dans le top 5, objectivement. Mais de la même façon que cela a été un travail de longue haleine pour convaincre Jamie Ritchie de venir chez nous. Je tiens en revanche beaucoup à préciser que cela n’a pas été une affaire d’argent. Car sinon, il est probable qu’il en aurait eu bien plus à Toulouse, à Bordeaux ou au Racing. Ce qui l’a convaincu, c’est le projet USAP ainsi que la passion autour du club. Les joueurs se parlent entre eux, ils voient cette passion exceptionnelle et cela entre en ligne de compte. »
Loin de chercher à attirer par des salaires exorbitants, l’USAP reste raisonnable financièrement, fidèle à son territoire : « Il ne vient donc pas pour des raisons financières, d’autant plus que je ne veux pas qu’on fasse de proposition qui soit déraisonnable par rapport à l’équilibre du club et du territoire. On est dans un département, les Pyrénées-Orientales, qui est un des plus pauvres de France au revenu par habitant. On ne peut donc pas se permettre de se faire n’importe quoi car ça ne serait pas compris par la population. La performance est de l’avoir convaincu que Perpignan est un club absolument atypique, où il ne trouverait pas la meilleure rémunération mais la plus forte grinta et un projet solide. »
Le joueur s’est montré lui-même raisonnable : « On est peut-être pas le plus gros budget du Top 14 mais on contrôle nos dépenses, on fait attention à ce qu’on dépense, on n’a pas de pertes abyssales et les joueurs y sont très sensibles. Pour revenir à la question, le joueur a été raisonnable. Il n’aurait de toute façon pas pu venir s’il ne l’avait pas été, tout comme l’ont été Jamie Ritchie ou Marvin Orie avant lui. Quand on fait un recrutement à l’USAP, il n’est pas possible d’avoir une politique de salaire déraisonnable. »
Enfin, François Rivière rappelle l’objectif prioritaire pour l’USAP : se maintenir en Top 14. « Il y a un cap sur le maintien, c’est une évidence. Si le sort devait en décider autrement, nous l’assumerons mais c’est l’objectif absolu. Notre première victoire (contre les Dragons en Challenge Cup) nous donne un évident regain d’espoir et de moral. On en avait besoin. On a un nouveau centre d’entraînement, on avait fait un recrutement que je trouvais très intéressant cette année. Pour des raisons étonnantes, cela n’a pas pris. Maintenant, on a besoin que ça prenne. »
Avec l’arrivée de Sevu Reece et un projet clair, l’USAP mise sur la passion et la stabilité pour retrouver sa place dans l’élite du rugby français.







