La saison difficile du Stade Rochelais ressemble plus à un bulletin médical qu’à une aventure sportive. Avec 41 joueurs blessés sur les 52 utilisés, l’entraîneur Ronan O’Gara a dû composer sans plusieurs piliers du groupe, dont Will Skelton, Levani Botia ou Davit Niniashvili.
Cette situation « casse la tête » au manager irlandais, qui a néanmoins innové tactiquement pour faire face à l’adversité.
### Une expérimentation inédite avec neuf piliers sur la feuille de match
Privé de ses éléments clés, O’Gara a profité de la pause européenne pour tenter des combinaisons audacieuses, alignant jusqu’à neuf joueurs de première ligne sur une même feuille de match. Des piliers comme Aleksandre Kuntelia ou Alexandre Kaddouri ont ainsi dépanné en deuxième ligne, un rôle inhabituel pour eux.
Le coach a également misé sur la jeunesse, lançant notamment Sacha Élissalde, 18 ans, quatrième génération d’une célèbre dynastie rochelaise, pour insuffler du sang neuf à l’équipe.
### Le retour des cadres pour un sprint final décisif
Pour affronter l’Union Bordeaux-Bègles, le Stade Rochelais retrouve enfin de la « chair fraîche ». Grégory Alldritt et Paul Boudehent reviennent de blessure, tandis que Nolann Le Garrec est de retour après sa suspension.
Pour autant, O’Gara maintient certains choix forts : Ihaia West reste au poste d’arrière, Judicaël Cancoriet glisse en deuxième ligne pour renforcer le pack, et Pierre Bourgarit fait son retour sur le banc aux côtés du talonneur Quentin Lespiaucq.
Sur ce dernier point, le manager est catégorique : « Je veux faire jouer les meilleurs. J’étais obligé de trouver une place à « Bourga » dans les 23. Il est prêt à mettre sa tête dans les mauvais endroits pour le club. »
### De l’excitation plutôt que de la peur
Neuvième au classement et à sept points du top 6, La Rochelle n’a plus droit à l’erreur pour espérer décrocher une place en phases finales. Si la qualification semble compromise, l’entraîneur maritime veut croire en un sursaut d’orgueil de ses cadres : « On est en train de sortir du mauvais cycle avec toutes les blessures. L’excitation remplace la peur. […] Les cadres ont besoin d’être sur le terrain. Tu ne peux pas remplacer des joueurs de qualité avec des jeunes. Ça ne marche pas comme ça. »
Libérés par l’enjeu, les Rochelais comptent « jouer avec la banane » pour tenter de renverser une situation comptable délicate et prouver que le champion d’Europe 2023 a encore son mot à dire dans ce Top 14.







