Giorgi Nutsubidze, 27 ans, incarne aujourd’hui la métamorphose du pilier dans le rugby moderne. Après sept saisons au Biarritz Olympique, ce Géorgien, initialement reconnu comme un « spécialiste de la mêlée », a radicalement transformé son jeu et son physique. Son premier essai professionnel face à Agen symbolise cette évolution vers un style de jeu plus mobile et polyvalent.
Pour passer d’un pilier lourd et statique à un joueur dynamique capable de s’impliquer dans toutes les phases offensives, Nutsubidze a perdu 20 kilos en seulement dix-huit mois, passant de 125 à 105 kilos. Cette perte de poids, entièrement gérée en autonomie, a nécessité un apprentissage approfondi de la nutrition et du métabolisme. Le joueur détaille son cheminement : « J’ai perdu vingt kilos en un an et demi. Lorsque je regardais mes matchs, ça ne me plaisait pas. Je faisais une action ou deux, puis je n’étais pas bien. Je ne courais pas assez, je ne me déplaçais pas assez vite. Il fallait que je change quelque chose ! J’ai fait ma propre expertise. Je me suis renseigné, j’ai regardé comment le corps fonctionnait, de combien j’avais besoin de calories, de glucides, de protéines. »
Cette transformation physique s’accompagne d’un repositionnement tactique. Longtemps pilier droit, Nutsubidze évolue désormais majoritairement à gauche, poste où son explosivité et sa nouvelle morphologie sont mieux exploitées. Néanmoins, il reste ouvert à faire des apparitions en pilier droit : « En mêlée, le poids n’est pas la seule chose qui compte. Il y a aussi le gainage, la technique, l’explosivité. J’ai senti que c’était un peu plus compliqué de tenir à droite, mais je ne veux pas oublier ce poste pour autant. J’ai envie, à l’entraînement, de parfois faire quelques mêlées avec le numéro trois dans le dos pour pouvoir dépanner, si besoin. »
Malgré un style désormais plus complet et athlétique, Nutsubidze reste avant tout un travailleur discret, centré sur les fondamentaux : « Le numéro que j’ai dans le dos ne change rien. Je veux être capable de tout faire sur un terrain de rugby : un offload, un franchissement. En Géorgie, j’étais surtout focalisé sur la mêlée et les rucks. En débarquant en France, j’ai voulu être plus en mouvement avec le ballon, car les piliers de haut niveau font beaucoup de choses sur le terrain. »
Aligné à gauche face à Colomiers, Giorgi Nutsubidze symbolise la nouvelle génération de piliers géorgiens capables de dépasser la pure puissance pour embrasser la mobilité et la polyvalence, clés du rugby moderne. Son ambition reste claire : stabiliser un poids autour de 107-108 kilos, tout en augmentant sa masse musculaire pour continuer à progresser. Une véritable leçon de transformation physique et mentale au service du collectif biarrot.







