Le rugby français est à nouveau ébranlé par une polémique judiciaire majeure.
Selon les dernières révélations de L’Équipe, Claude Atcher, ancien directeur général du comité d’organisation de la Coupe du monde 2023, est désormais au cœur d’une enquête pour favoritisme, prise illégale d’intérêts et corruption. Après avoir été évincé en raison de ses méthodes de management, il fait face à des accusations qui risquent de compromettre son avenir dans le sport.
Une enquête, ouverte à l’été 2022 suite à des signalements de l’inspection du travail et de l’Inspection générale des finances (IGF), vise la gestion opaque du Groupement d’intérêt public (GIP) France 2023. Les investigations du Parquet National Financier (PNF) portent sur plusieurs irrégularités : l’attribution des marchés publics, la gestion de la billetterie et l’usage des véhicules de fonction. Cette dérive financière fait suite aux révélations d’un « management par la terreur » au sein de l’organisation, qui a conduit à la mise à pied, puis à la destitution définitive de Claude Atcher.
L’affaire a pris un nouveau tournant avec l’implication d’Henri Mioch, ancien chargé de mission du Mondial et proche collaborateur d’Atcher. Le PNF envisage de poursuivre ce dernier pour corruption et recel de prise illégale d’intérêts. Selon les enquêteurs, un montage financier frauduleux accompagne l’achat massif de billets pour la compétition :
« Le PNF soupçonne Claude Atcher d’avoir « perçu de l’argent » de Henri Mioch « afin de permettre à ce dernier d’acquérir » 733 billets pour le Mondial 2023. »
Pour contourner les règles, Henri Mioch aurait recouru à sa société d’événementiel, Harlequin’s, pour réaliser cette opération délicate :
« Aux gendarmes, Henri Mioch a aussi précisé qu’il n’aurait jamais dû acheter ces 733 places avec l’argent de sa société Harlequin’s […] en utilisant une quinzaine de cartes bancaires différentes pour un montant total de près de 155 000 euros. »
Cette affaire s’inscrit dans un cadre plus vaste d’une information judiciaire ouverte en novembre 2025 pour escroquerie en bande organisée. Elle vise notamment Daimani, la plateforme chargée de la vente des billets VIP et d’hospitalités, dont le choix aurait été imposé par Claude Atcher, soulevant de lourdes interrogations sur l’impartialité du comité d’organisation.
Alors que la Coupe du monde 2023 devait être une vitrine majeure pour le rugby français, ces révélations viennent ternir son image, transformant un succès sportif en un dossier judiciaire tentaculaire.







