À seulement 23 ans, Davit Niniashvili s’impose déjà comme l’une des révélations du rugby français. L’ailier international géorgien du Stade Rochelais, fort de 48 sélections, séduit par ses appuis électriques et son sens du spectacle.
Surnommé « Petit Sonic » par ses coéquipiers, l’ancien joueur de Lyon revendique un style de jeu audacieux, fondé sur l’instinct et la prise de risque. « Ici (à La Rochelle), tout le monde m’appelle « petit Sonic ». C’est lié à mon côté fou, ma vitesse, mes envies de jeu, les offloads, etc. Moi, j’aime bien prendre des risques. Je dis tout le temps ’si tu ne risques pas, tu ne marques pas’. J’aime bien cette phrase-là. » Inspiré par le rugby à XIII, il s’est fait une spécialité des plongeons acrobatiques pour aplatir en coin, un geste qu’il a déjà réussi face au Stade Français et au Leinster cette saison. « C’était mon rêve de marquer un essai comme ça », confie-t-il.
Niniashvili n’a pas toujours été ce sprinteur affûté. Passé par le judo et la lutte, il admet avoir longtemps été en surpoids durant son enfance avant de se transformer en admirant les stars du Super Rugby. Parmi ses modèles figurent l’Australien Israel Folau, pour son jeu aérien, et l’Écossais Stuart Hogg. Plus étonnant, son premier contact avec une icône du rugby français aux racines géorgiennes s’est fait virtuellement : « Je ne le connais pas trop bien mais quand j’étais petit, tout le monde parlait de Yachvili (en Géorgie). Sur ma console de jeu, je jouais avec lui à Rugby 08. Je ne savais pas quand j’étais petit qu’il était né en France, c’est seulement plus tard que j’ai lu sur Wikipédia qu’il avait des origines géorgiennes mais qu’il est né en France et a joué pour la France. »
Déterminé à briser le stéréotype qui présente la Géorgie comme un pays de piliers, Niniashvili veut ouvrir la voie aux arrières géorgiens dans l’élite mondiale : « Par le passé, les Géorgiens (évoluant en France) ont ouvert la porte du Top 14 aux avants géorgiens. Maintenant, j’essaie d’ouvrir la porte aux trois-quarts et les amener ici parce que c’est bien pour nous, c’est bien pour le Top 14. »
Malgré un statut grandissant en Europe, le joueur reste humble : « La star, c’est Kvara. […] Je ne suis juste un joueur « normal » de rugby », assure-t-il en référence à Khvicha Kvaratskhelia, le footballeur géorgien vedette du PSG.
Si Niniashvili aime les exploits individuels, il place avant tout le collectif au cœur de sa vision du rugby. Son « essai ultime » reste celui d’une action collective où « les quinze mecs touchent le ballon ! J’aime ça. »







