Montpellier lance la reconversion de Christopher Tolofua au poste de pilier droit
Le Montpellier Hérault Rugby (MHR) mise sur un projet ambitieux : transformer son talonneur Christopher Tolofua en pilier droit. À 32 ans, le joueur ne figurera pas sur la feuille de match de la demi-finale de Challenge Cup ce dimanche face à Newport, mais son manager Joan Caudullo a confirmé que cette reconversion est une priorité stratégique pour le club.
Dans une interview accordée à L’Équipe, Joan Caudullo a précisé les contours de ce projet, qui dépasse le cadre montpelliérain.
Un objectif clair : le XV de France à la Coupe du monde 2027
Le staff montpelliérain nourrit l’ambition de voir Tolofua intégrer l’équipe de France en vue de la Coupe du monde 2027 en Australie. Joan Caudullo a déjà évoqué ce plan avec le sélectionneur national Fabien Galthié.
« C’est un projet qu’on a avec « Tolo », j’en ai discuté avec Fabien Galthié, je crois vraiment à ce projet-là. […] Je reste persuadé qu’il sera en capacité de pouvoir faire la Coupe du monde 2027 en Australie. J’en suis sûr. »
Le joueur, détenteur de huit sélections au talon, commencera la prochaine pré-saison comme quatrième dans la hiérarchie des piliers droits au MHR pour peaufiner son apprentissage.
Joan Caudullo souligne les atouts de Tolofua pour ce poste exigeant physiquement :
« C’est un poste plus dur physiquement. Mais « Tolo », c’est un talon de mêlée, il est costaud sur le bas du corps, il a des reins solides, autant qu’un pilier droit. Le décor, il est planté. Ça va être quand même assez facile à mettre en place. Il a besoin d’enchaîner des mêlées et l’intersaison nous servira à ça, puis on verra s’il peut concurrencer Wilfrid (Hounkpatin), « Jap » (Japaridze) et « Momo » (Haouas). »
Les atouts du « Tank » montpelliérain
Cette reconversion repose sur des fondations solides. Tolofua a déjà une expérience en « GTD » (gauche, talon, droite) et a joué à plusieurs reprises en pilier droit cette saison, notamment en Challenge Cup face aux Ospreys ou au Connacht.
Son physique et sa technique en font un candidat idéal pour ce poste, estime son manager :
– **Gabarit** : 1,83 m pour 120 kg, une densité naturelle adaptée au poste.
– **Puissance** : des reins solides et une force comparable à celle d’un spécialiste du pilier droit.
– **Technique** : habitué aux contraintes de verrouillage spécifiques à l’axe droit en tant que talonneur de mêlée.
Déjà en 2024, Tolofua évoquait cette éventualité :
« Presque toute ma carrière, j’ai été « GTD » (Gauche Talon Droite). J’avais commencé à bosser pilier droit à Toulon où Éric Dasalmartini m’avait donné quelques clés. On était dans du dépannage mais c’est un poste qui m’attire.
Je fais partie des talonneurs les plus costauds (1,83 m, 120 kg) donc je n’aurais pas forcément besoin de prendre du poids. C’est le poste le plus dur à la mêlée, mais pour un talonneur, c’est à mon avis moins dur de passer à droite qu’à gauche.
À gauche, vous avez une épaule de libre, vous pouvez varier les angles. Au talon et à droite, vous êtes pris, et il y a cette notion de verrouillage à maîtriser. Techniquement, on est dans la même complexité. »
Un poste à stabiliser dans le XV de France
Ce pari audacieux arrive dans un contexte propice en équipe de France. Depuis la retraite de Uini Atonio, le poste de pilier droit numéro 3 est un casse-tête : aucun joueur parmi Aldegheri, Bamba, Tatafu ou Colombe ne s’est véritablement imposé au niveau international.
Joan Caudullo conclut sur la haute exigence du poste avec humour :
« Fabien Galthié, il va regarder, bien sûr. S’il voit qu’il a des patins à roulettes (qu’il recule en mêlée), ce sera compliqué de l’aligner. Surtout qu’on devra battre les Sud-Africains pour être champions du monde… »
Le défi est de taille, mais Tolofua et Montpellier comptent bien relever ce challenge pour préparer la relève du poste clé de pilier droit à l’échelle internationale.






