Le demi de mêlée bordelais Maxime Lucu franchit un cap impressionnant cette saison, attisant le débat sur son niveau de jeu exceptionnel. À 33 ans, il est désormais considéré comme un véritable relais technique sur le terrain par son manager Yannick Bru.
« C’est comme si vous aviez un autre entraîneur sur le terrain », confie le coach de l’Union Bordeaux-Bègles à RMC Sport, saluant l’intelligence tactique et la précision de son numéro 9. « Il apporte de l’énergie, prend toujours les bonnes décisions. Son jeu au pied est exceptionnel. »
Sur la pelouse, Lucu affiche un volume de jeu impressionnant, capable d’un effort continu durant 80 minutes, avec des statistiques hors normes : « 20 plaquages, 12 kilomètres parcourus et 18 coups de pied », détaille Bru. Cette abnégation inspire ses coéquipiers, comme le confirme le deuxième ligne Cyril Cazeaux : « Quand tu l’as avec toi sur le terrain, c’est un pur bonheur. »
L’ancien international Dimitri Yachvili souligne pour sa part le parcours atypique du joueur, devenu un leader au sein de l’UBB. « Il s’est fait une carrière atypique. Il est devenu le leader de jeu, capitaine, buteur… Aujourd’hui, c’est même un emblème de la ville. » Malgré un gabarit modeste, Lucu compense par un engagement physique total. « Il n’y a pas un secteur où il est défaillant. Et il plaque entre 13 à 18 fois par match en moyenne avec des pointes à 20. Pour un demi de mêlée, c’est colossal ! Quand tu mets la tête, que tu vas gratter des ballons alors qu’il doit peser 85kg, les mecs te suivent… Quand tu le vois se battre comme ça, tu veux aller au bout du monde pour lui », ajoute Yachvili.
Malgré cette réussite, Lucu reste confronté à la domination d’un autre phénomène : Antoine Dupont, icône mondiale du poste. Yannick Bru explique sans détour : « C’est difficile d’être un numéro 9 français aujourd’hui, parce qu’on vit dans son ombre. »
Au sein de l’UBB, certains se demandent si la hiérarchie ne tendrait pas à s’estomper. « Peut-être qu’en ce moment, ça se vaut », avance Cazeaux. Toutefois, Yachvili rappelle la singularité du capitaine toulousain : « Antoine a des qualités hors normes, presque impossibles à reproduire. »
Le consultant distingue les profils des deux joueurs et balaie toute idée d’injustice dans la hiérarchie établie : « Antoine Dupont a des qualités que Maxime Lucu n’a pas. Maxime Lucu a des qualités et des aptitudes notamment avec l’UBB que n’a pas forcément Antoine Dupont. On ne peut pas parler d’injustice en mettant Antoine Dupont titulaire de l’équipe de France. Je pense que ce serait presque insulter Antoine Dupont. »
Selon lui, Dupont évolue toujours à un niveau supérieur : « Dupont reste le joueur exceptionnel que l’on connaît. » Il compare même ce duo avec la période Zinédine Zidane en équipe de France pour justifier le rôle de remplaçant de Lucu : « Moi je n’aime pas trop comparer. Derrière Zidane il y avait des très bons joueurs aussi. Est-ce que c’était une injustice si Zidane était titulaire alors qu’il était un peu moins bien? Je ne pense pas, parce que ce sont des joueurs qui sont hors normes mais qui sont capables aussi de faire la différence à des moments où on ne les attend pas. Ce n’est pas lui faire injure que de dire de Lucu qu’il est le remplaçant d’Antoine Dupont. »
En conclusion, Denis Charvet confirme cette analyse concernant la place des deux joueurs au niveau international : « Maxime Lucu est le n°2 incontestable mais Antoine Dupont reste un phénomène et continuera à l’être. »







