Le mois de septembre 2026 s’annonce décisif pour le rugby français. Du 9 au 23 septembre, Mohed Altrad, président du Montpellier Hérault Rugby (MHR), et Bernard Laporte, ancien dirigeant emblématique du rugby français, comparaîtront devant la cour d’appel de Paris. Cette audience fait suite à leur condamnation en première instance en décembre 2022 dans l’affaire dite Altrad-Laporte, une affaire de corruption présumée qui continue de susciter de vives réactions.
Dans un entretien accordé à Midi Libre, Mohed Altrad s’est ouvert à propos de cette échéance judiciaire majeure, jusqu’ici peu évoquée publiquement. « Le procès ? On y pense et on le travaille », confie l’homme d’affaires, soulignant l’importance qu’il accorde à cette nouvelle étape. Il avoue avoir été marqué par sa première expérience en tant que prévenu : « C’était la première fois de ma vie que je me tenais devant un tribunal, avec une atmosphère lourde. »
Optimiste, Altrad espère néanmoins un procès plus favorable cette fois-ci. « L’environnement d’une cour d’appel serait moins hostile et le déroulé est différent. On a également changé d’avocat. Et j’ai beaucoup d’espoir », déclare-t-il, laissant entrevoir une stratégie renouvelée.
Retour sur les faits : en décembre 2022, le tribunal judiciaire de Paris avait condamné Bernard Laporte à deux ans de prison avec sursis, 75 000 euros d’amende et deux ans d’interdiction d’exercer toute fonction liée au rugby. Mohed Altrad avait, quant à lui, été reconnu coupable de corruption active, trafic d’influence et abus de biens sociaux, écopant d’une peine de 18 mois de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende et une inéligibilité.
Au cœur de cette enquête figure un contrat d’image de 180 000 euros versé à Bernard Laporte en mars 2017 par le groupe Altrad. Selon l’accusation, ce contrat n’aurait jamais été réellement exécuté. Par ailleurs, Bernard Laporte est soupçonné d’avoir favorisé le groupe Altrad dans plusieurs arbitrages liés au rugby français. Tous deux contestent fermement ces accusations.
Très attendu par le monde du rugby, ce procès en appel s’inscrit dans un contexte où la gouvernance du rugby français est scrutée de près. Au-delà des implications judiciaires, l’issue de ce dossier pourrait influencer durablement l’image du rugby tricolore et, indirectement, l’avenir du Montpellier Hérault Rugby.







