L’Aviron Bayonnais a longtemps dominé, mais a subi un cruel retournement face à l’Union Bordeaux-Bègles (38-40) dans un Jean-Dauger encore maudit en 2026. Menés de 19 points à trente minutes du terme, les Basques ont craqué physiquement, signant ainsi une quatrième défaite consécutive à domicile en Top 14.
Pendant près d’une heure, Bayonne a imposé un rugby agressif et spectaculaire, infligeant à Bordeaux une lourde pression. Avec six essais inscrits, les joueurs de Laurent Travers semblaient en route vers un exploit devant leur public, bien loin des récentes déconvenues face à Pau, Racing 92 ou Castres.
Le tournant du match s’est opéré après l’heure de jeu. L’entrée en jeu des remplaçants bordelais a inversé la tendance, étouffant peu à peu les Basques. À l’inverse, le banc bayonnais n’a pas su apporter l’impact décisif espéré au moment clé de la rencontre.
L’entraîneur adjoint Gerard Fraser s’est montré lucide au micro de Midi Olympique : « Nos joueurs doivent bosser sur leur capacité à avoir un impact sur le jeu, à partir de la 50 ou 60e minute. Cela fait des années qu’on ne parle plus de remplaçants, mais d’impact player. Il faut que nos joueurs soient capables d’avoir un impact sur le résultat du match. »
Progressivement, Bayonne a perdu pied physiquement. Les touches sont devenues imprécises, les déplacements plus laborieux, tandis que la vitesse des Bordelais a ouvert de larges espaces. « Nous devons avoir une marge de progression sur l’aspect physique. Sur les matchs importants, il faut être capable d’être lucide sur des moments clés, dans les vingt dernières minutes. Aujourd’hui, nous ne l’étions plus, » a résumé Fraser.
Cette fatigue physique inquiète en interne. Depuis le départ du directeur de la performance Loïc Louit à la mi-mars, l’Aviron peine à maintenir son niveau sur la durée, terminant régulièrement ses rencontres en difficulté. Gerard Fraser évoque aussi le manque de profondeur de l’effectif : « Le Top 14 est très usant, la profondeur de l’équipe est hyper importante et sur les trois ou quatre derniers mois, nous n’avions que peu de choix. Cela explique aussi cette fatigue, ce manque de fraîcheur. »
Dans le vestiaire bayonnais, la frustration est immense. Le pilier Andy Bordelai exprime son amertume : « Cette défaite fout vraiment les boules, parce qu’à un moment, le job était fait. Nous avions dix-neuf points d’avance, nous étions très bien dans le match, mais nous n’avons pas su garder cet avantage. » Il pointe surtout l’incapacité de son équipe à achever Bordeaux : « Nous avons eu des occasions de tuer le match, nous ne les avons pas saisies, et face à Bordeaux, ça ne pardonne pas. »







