À l’Union Bordeaux-Bègles, certains joueurs attirent naturellement les projecteurs : Matthieu Jalibert, Louis Bielle-Biarrey ou Damian Penaud. Mais il existe aussi des talents plus discrets, à l’instar de Pablo Uberti.
Moins exposé et sans éclat spectaculaire, Uberti s’est imposé au fil des saisons comme l’un des éléments les plus précieux du champion d’Europe. Dans son édition de lundi, Midi Olympique dresse le portrait de ce joueur incontournable, alliant efficacité et humilité.
Originaire de Capbreton, en plein cœur des Landes, Pablo Uberti a quitté très tôt sa région natale pour rejoindre Bordeaux et tenter sa chance dans le rugby professionnel. Ce choix n’a rien d’anodin pour un homme profondément attaché à ses racines et à sa famille. David Ortiz, qui l’a accueilli chez les Espoirs de l’UBB, souligne : « La proximité avec la famille a forcément pesé dans son choix de rejoindre l’UBB. Il est très attaché aux racines, c’est une évidence. »
Sa carrière s’est construite loin du confort. Uberti a connu des expériences marquantes, comme ce déplacement insolite en Russie en 2017 pour affronter Krasny Yar en Challenge Cup, sa première titularisation chez les professionnels. Son ancien coéquipier Jean-Baptiste Dubié se remémore : « On était parti de Bordeaux sous un grand soleil et avec une température de 29 degrés. Mais quand on est arrivé là-bas, le thermomètre affichait 0 degré… À la fin de la mise en place, il a même neigé. » Après cette aventure, deux saisons à Grenoble, en Pro D2, lui ont permis d’apprivoiser la rudesse du rugby professionnel et de forger son mental. Stéphane Glas, alors entraîneur, se souvient : « Pablo est venu chez nous à seulement 21 ans mais il avait déjà la force de caractère de pouvoir vivre loin de chez lui. »
Pablo Uberti ne brille pas par son jeu flamboyant. Pourtant, sa valeur est ailleurs : « une énorme régularité, une grande intelligence de jeu, une défense redoutable et une capacité d’adaptation précieuse. » David Ortiz le décrit ainsi : « C’est un garçon discret. Il était d’abord très studieux et ça rejaillit maintenant sur son caractère. C’est un taiseux. Quant au terrain, il est très athlétique et sa grosse qualité était le plaquage et la défense. »
Cette saison encore, Uberti est devenu un pilier essentiel de l’équilibre bordelais. Joueur polyvalent capable d’évoluer aussi bien au centre qu’à l’aile, il est indispensable pour combler les absences ou stabiliser l’équipe en fonction des besoins. Ses statistiques parlent : il figure parmi les joueurs les plus utilisés par l’entraîneur Yannick Bru en Top 14. Blessures, repositionnements tactiques, Uberti répond toujours présent, souvent dans l’ombre.
Son importance est parfaitement résumée par Jean-Baptiste Dubié : « Il est bon partout. Même s’il ne marque pas des essais de 50 mètres, il est capable de revenir sur un mec qui s’apprête à marquer l’essai de la gagne, d’être au duel sur tous les ballons hauts, de finir avec quinze plaquages par match et huit bornes courues. Sa qualité première est de rendre le mec en face moins bon, parce qu’il ne le lâche pas. » De son côté, Jules Favre confirme : « Uberti est un mec chirurgical, qui avance quand il a le ballon et qui fait tomber les mecs en défense. Il ne fait jamais ou peu d’erreurs. Toutes les choses simples sont faites correctement. »
Dans une équipe riche en stars internationales, Pablo Uberti évolue souvent loin des projecteurs. Pourtant, à Bordeaux, on sait qu’il fait partie des rouages essentiels de cette machine girondine, le genre de joueur que les entraîneurs affectionnent et que les équipes gagnantes ne peuvent se permettre de perdre.







