Alors que plusieurs rencontres du Top 14 se transforment en simples formalités en cette fin de saison, Richard Dourthe rappelle que les clubs sans enjeu sportif majeur ont encore beaucoup à jouer. L’ancien international français, aujourd’hui consultant pour Canal+, souligne notamment l’importance de l’état d’esprit et de la cohésion dans les équipes du bas de tableau.
Pour lui, la compétitivité des formations en fin d’exercice dépend avant tout des valeurs internes du groupe. « La fin de saison de ces clubs dépendra de la manière dont a été façonné l’état d’esprit de l’équipe, leur fierté de porter le maillot et leur envie de faire plaisir à leur public », confie-t-il à L’Équipe.
Richard Dourthe illustre ses propos en citant plusieurs exemples : « Les Castrais ont toujours eu ça en eux. C’est dans leur ADN. Les Bayonnais avaient aussi cet état d’esprit la saison dernière. Ils étaient super accrocheurs mais cette abnégation s’est un peu délitée cette année avec tous les remous dans la direction et le sportif. Lyon, qui était soi-disant arrivé avec beaucoup d’ambitions en début de saison, est onzième. »
Pour Perpignan, l’approche est différente. L’équipe s’est déjà tournée vers un objectif précis, celui du maintien. « Il prépare déjà sa finale pour le maintien et ce match d’accession. Quant aux Montalbanais, comme ils s’y attendaient, ils ont vécu une saison difficile », remarque l’ancien joueur.
Mais au-delà de la motivation des joueurs, Richard Dourthe s’interroge sur le rôle des staffs techniques dans le maintien de la mobilisation. « Est-ce que les coachs de ces différents clubs vont être capables de fédérer leur groupe autour d’une idéologie ? Ce n’est pas évident. Chez certains, la cohésion entre le staff et les joueurs n’est peut-être plus la meilleure pour aller chercher cette motivation. Des joueurs en ont peut-être marre mais certains veulent décrocher un contrat s’ils ne l’ont pas encore fait. »
Malgré tout, l’ex-international rappelle qu’une belle fin de saison peut être porteuse d’espoir pour l’avenir. « Il y a toujours quelque chose à gagner dans une belle prestation. Quand on est entraîneur, on se souvient de tout quel que soit le match. Il n’y a pas d’enjeu sportif mais un enjeu pour le club. »
Il insiste également sur la nécessité de préserver un esprit compétiteur jusqu’au bout : « L’aspect compétiteur est primordial. Il faut avoir l’orgueil pour finir le moins mauvais de tous. Il faut mettre sur le terrain ceux qui ont le plus envie de gagner. Il reste trois journées pour bien achever cette saison mais aussi bien lancer la prochaine. »
Enfin, Richard Dourthe constate que le ventre mou de cette saison est plus marqué que d’habitude. « Il y a toujours un ventre mou en Top 14 mais peut-être encore plus cette année car Montauban et Perpignan ont vite lâché prise. Il n’y a plus cette peur du bas. L’enjeu sera de ne pas finir douzième. »







