À quelques heures d’un match crucial pour le maintien en Pro D2, le Biarritz Olympique a reçu le soutien précieux de Serge Betsen, ancienne légende du club basque. Vendredi, l’ex-international français a fait son grand retour à Aguilera, un moment chargé d’émotion pour celui qui reste très attaché au BO malgré les années.
Absent depuis plusieurs saisons, Serge Betsen a exprimé sa nostalgie et son inquiétude pour le club dans un entretien accordé à Ici Pays Basque : « Revenir ici à chaque fois est toujours un moment très émouvant pour moi parce que c’est là où tout a commencé. Je reviens avec l’idée de soutenir le club aussi quelque part et de saluer tout le travail qui a été fait. C’est vrai que c’est toujours avec la boule au ventre que je suis le club à distance, en me disant qu’il ne faut pas que l’on connaisse le pire. C’est un plaisir pour moi d’être là aujourd’hui pour leur apporter mon soutien. »
Avant le match décisif contre Carcassonne, Betsen a su motiver les joueurs dans le vestiaire en leur rappelant l’essentiel : « Je leur ai simplement dit de continuer à prendre du plaisir. Vivre de sa passion comme ils le font, comme j’ai eu à le faire dans le passé, ce sont juste des moments uniques à chaque fois. Chaque match a son histoire et il est vrai que le challenge du sport est de tout le temps continuer à répéter les mêmes choses pour garder la tête haute et surtout se faire plaisir. Je leur ai dit de se faire plaisir et de jouer pour eux d’abord, afin qu’ils puissent finir en beauté, tout simplement. »
Au-delà de son rôle de mentor, Serge Betsen est également porteur d’un engagement humanitaire fort à travers la Serge Betsen Academy. Fondée il y a 22 ans, cette association lutte pour l’accès à l’éducation et à la santé des jeunes défavorisés au Cameroun et au Mali. « L’idée est d’utiliser les valeurs du rugby pour aider des jeunes défavorisés à avoir accès à des opportunités. Mon sport a été une source d’opportunités pour les jeunes et les familles défavorisées au Cameroun d’abord, depuis 2004, et au Mali depuis 2020. Nous utilisons l’excuse du rugby pour parler d’éducation, de santé, des familles et des enfants que l’on soutient. »
Il détaille ses nouveaux objectifs : « Pour septembre, par exemple, il faut soutenir 500 jeunes pour leur scolarité et l’aide médicale. Nous avons d’ailleurs franchi une nouvelle étape avec l’insertion professionnelle. Pendant près de vingt ans, on les aidait jusqu’au baccalauréat, mais on s’est rendu compte que beaucoup retournaient au village sans métier correspondant à leur niveau scolaire. Désormais, avec le projet des Pépites du Cameroun, en partenariat avec l’ambassade de France et l’Institut français au Cameroun, nous les suivons dans les études supérieures pour qu’ils aient un métier de manière concrète. Nous avons la fierté d’avoir déjà inséré sept jeunes à l’ICAM, l’école d’ingénieur, et dans un an, ils vont sortir diplômés. C’est une fierté incroyable que je n’avais jamais imaginée au départ. »
Du côté du staff biarrot, cette visite a été un signal fort. Rémi Bonfils, entraîneur de la défense, rappelle l’importance de ce lien avec les figures historiques du club : « Je pense que c’est quelque chose d’important pour les joueurs aussi, qu’ils soient toujours en contact un peu avec l’histoire, l’ADN du club. On leur rabâche sans cesse que c’est à eux d’écrire leur propre histoire, mais c’est aussi important pour savoir où tu veux aller, de savoir un petit peu d’où tu viens. »
Il conclut avec force : « Ce club, il est riche, il est riche d’expériences, riche en termes d’ADN et d’histoire, donc c’est important de s’en servir. On ne remerciera jamais assez ces anciennes gloires du club qui viennent sans rechigner partager avec les joueurs. »
Serge Betsen, en revenant à Aguilera, insuffle ainsi un élan d’espoir et de fierté à un Biarritz Olympique en quête de renaissance.







