Le Racing 92 en proie au doute après une fin de saison délicate
Le Racing 92 traverse une période compliquée. La récente défaite à domicile face à La Rochelle (24-26), au Paris La Défense Arena, continue de faire débat, surtout en raison du choix tactique audacieux tenté dans les dernières secondes de la rencontre.
Un drop raté qui divise
Alors que son équipe était en mesure de renverser la partie, le manager Patrice Collazo a préféré tenter un drop lointain par Ugo Seunes, au lieu de poursuivre la pression et d’user l’adversaire. Un pari tactique critiqué ouvertement par Collazo lui-même : « Cette tentative de drop n’est pas du tout adaptée à la situation. Il fallait essayer de redynamiser au bord. Il fallait user La Rochelle, continuer à les mettre à la faute, mais on a été impatients alors qu’il ne fallait surtout pas l’être. »
Pour le technicien, ce moment illustre un manque de maîtrise et d’expérience collective : « On a la bagnole, on a le moteur et puis des fois, on n’a pas le pilote. » Une métaphore frappante qui traduit les doutes toujours présents au sein du groupe francilien.
Un nouveau visage, plus rugueux
Depuis la prise de fonction de Patrice Collazo, le Racing a opéré un virage net dans son style de jeu. Fini le rugby expansif prôné par Stuart Lancaster, place à un modèle plus direct, centré sur la puissance physique et une meilleure utilisation du jeu au pied. Le club parisien est aujourd’hui l’une des équipes qui tapent le plus ballon au pied et pratiquent le moins les longues séquences de passes. Un choix assumé par Collazo : « Il faut s’adapter à son effectif. »
Des jeunes en construction
Malgré les critiques ciblant la jeune charnière Carbonneau-Seunes, le staff technique garde confiance en ses joueurs et met en avant leur progression. Frédéric Michalak souligne notamment : « Ugo découvrait le Top 14, « Carbo » a 21 ans et ils ont tous les deux beaucoup progressé cette saison. » Le Racing est encore en phase de construction, avec un effectif renouvelé et des schémas tactiques en pleine évolution.
Pression maximale avant Toulon
Le Racing n’a plus le droit à l’erreur. La réception du RCT ce samedi soir s’apparente à un tournant majeur dans la lutte pour les phases finales. Un nouveau revers risquerait de couper définitivement les espoirs franciliens pour la fin de saison.
Un mea culpa franc et clair
En conclusion, Patrice Collazo ne cache pas ses erreurs passées et réaffirme sa volonté de continuer à s’adapter à son groupe : « Ce n’est pas moi qui veux faire une forme de jeu. Chaque fois que j’ai voulu transposer ailleurs des choses qui avaient marché à un endroit, je me suis planté. Il faut s’adapter à son effectif. Quand je suis arrivé (février 2025), le recrutement était déjà bouclé. J’ai choisi quatre joueurs à l’intersaison. Aujourd’hui, je trouve qu’on est un peu plus complet dans les formes de jeu qu’on veut faire.
Avant La Rochelle, nous avions la cinquième attaque du Championnat. Et on n’a pas marqué nos essais à l’Arena, qui est une surface rapide, en ne faisant que des pick-and-go ou des ballons portés. Je sais qu’on est capables aussi de lâcher les chevaux. Après, pour moi, le nombre de passes… Ce n’est pas ça qui fait gagner un match. Par exemple, on est très efficaces sur les ballons de récupération et il se trouve qu’on a les joueurs pour pouvoir marquer en trois passes. Ça ne sert à rien de faire des passes pendant cinq ans. »
Cette franchise illustre bien les défis du Racing 92, un club en quête de stabilité et d’identité à l’orée de la dernière ligne droite de la saison.






