Didier Retière, de la mêlée au tie-break : un pari gagnant à la tête de la FFT
Voir Didier Retière à la tête de la direction technique nationale du tennis français a surpris plus d’un observateur. Ancien pilier du rugby bourguignon, passé par le XV de France puis par l’ASM Clermont, Retière était jusqu’ici associé aux mêlées et aux rucks bien plus qu’aux tie-breaks et aux revers liftés.
Pourtant, depuis 2025, il s’est installé au cœur de la Fédération française de tennis (FFT), un sport qu’il connaissait peu. “C’était un challenge”, confie-t-il simplement. Cadre d’État, Retière disposait d’options dans d’autres fédérations sportives. Après son départ de Clermont, il choisit de tenter sa chance auprès de la FFT, prêt à relever un défi inédit.
### Plus gestionnaire que technicien
La FFT ne recherchait pas un spécialiste du revers slicé, mais un manager capable de piloter une structure sportive complexe, de comprendre les mécanismes du haut niveau et de gérer les équilibres internes d’une fédération de grande envergure.
Fort de son expérience à Marcoussis et au sein du rugby français, Retière apporte une solide culture du management et de la formation. Habitué des grands projets, il souligne même qu’il existe “davantage de passerelles entre rugby et tennis qu’on pourrait le croire”.
### “Les joueurs de tennis sont des chefs d’entreprise”
Ce qui l’a le plus marqué dans ce nouvel univers, c’est la réalité économique des joueurs de tennis. Contrairement au rugby, où le collectif et le club structurent la carrière, “les joueurs et joueuses de tennis sont des chefs d’entreprise”, explique Retière.
En effet, entraîneur, préparation physique, déplacements, nutrition : tout repose sur eux et leur entourage, surtout quand ils évoluent hors du top 100 mondial.
### Une nouvelle vie, loin du rugby
Sous contrat jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, Didier Retière est aujourd’hui pleinement investi dans cette nouvelle aventure. S’il suit encore de près le rugby, notamment les carrières de ses fils Arthur et Edgar, il reconnaît “consommer beaucoup plus de tennis”.
Extrait :
« Je suis sous contrat jusqu’aux JO de Los Angeles. Après ça, je ne sais pas si je reviendrai dans le rugby. Ma carrière avance et puis… place aux jeunes, non ? […] Aujourd’hui, je regarde évidemment tous les matchs de mes deux fils (le Bordelais Arthur et le Biarrot Edgar, N.D.L.R.), les grandes rencontres du XV de France mais globalement, je consomme beaucoup plus de tennis. »
Une reconversion qui semblait improbable au premier abord, mais finalement cohérente pour un homme familier des coulisses du sport de haut niveau.







