Aujourd’hui, Maxime Lucu est l’un des visages incontournables de l’Union Bordeaux-Bègles. Capitaine, leader de jeu et pilier du vestiaire, le demi de mêlée basque arrive en pleine forme à la finale de la Champions Cup contre le Leinster.
Pourtant, derrière cette ascension fulgurante se cache un passé marqué par une période très sombre.
**“J’ai touché le fond”**
Avant de redevenir l’un des meilleurs à son poste en France, Maxime Lucu a traversé une véritable tempête. Le Tournoi des Six Nations 2024 a été un tournant difficile pour le joueur bordelais. Propulsé titulaire après le départ d’Antoine Dupont vers le rugby à VII, il s’est retrouvé sous le feu des critiques.
Ces attaques ont été particulièrement virulentes, comme il l’a confié à RMC Sport : *“Cette période-là avait été très compliquée à gérer personnellement parce que je me disais déjà que je ne faisais pas les meilleurs matchs possibles. Et en plus de ça, je ramassais derrière.”*
Le Basque admet avoir très mal vécu cette exposition médiatique brutale : *“C’était la première fois que j’étais publiquement un petit peu mis devant de la scène, mais négativement, où j’étais un peu pris à partie par beaucoup de gens. Ça a été difficile à vivre parce que j’ai toujours vécu dans un socle assez tranquille où la lumière n’était pas forcément sur moi. Et d’arriver là, ça a été difficile pour ma famille.”*
**Une finale contre Toulouse qui l’a brisé**
La saison a viré au cauchemar avec la finale du Top 14 face à Toulouse, une déroute historique pour l’UBB. Un match qui a laissé des traces profondes chez Lucu : *“Honnêtement, j’ai touché le fond, mais terrible.”*
Et d’ajouter : *“Les 60 points en finale contre Toulouse, ça m’a mis au fond. J’étais déjà au fond, mais là…”*
Ce passage à vide a aussi affecté son entourage. Mais c’est à Bordeaux qu’il a trouvé la force de se relever : *« Bordeaux a été très important pour moi et ça restera vraiment fort pour moi, parce que c’est à Bordeaux que j’ai réussi à relever la tête, grâce à ma compagne, grâce à mes coéquipiers et grâce au club. Je me suis dit : ‘Qu’est-ce que tu veux devenir ? Est-ce que tu veux montrer que, comme toujours, tu t’es relevé des épreuves difficiles ?’”*
**Bordeaux, un refuge salvateur**
Dans cette période critique, l’UBB est devenue son pilier. Lucu explique avec émotion l’aide apportée par son club : *“Bordeaux a été très important pour moi et ça restera vraiment fort pour moi.”*
Il poursuit : *“C’est à Bordeaux que j’ai réussi à relever la tête, grâce à ma compagne, grâce à mes coéquipiers et grâce au club.”*
Face à l’adversité, il a fait le choix de repartir de zéro : *“Je me suis dit : qu’est-ce que tu veux devenir ? Est-ce que tu veux montrer que, comme toujours, tu t’es relevé des épreuves difficiles ?”*
**“Je remercie ceux qui m’ont insulté”**
Aujourd’hui, Maxime Lucu évolue à un niveau exceptionnel. En véritable leader technique et émotionnel de l’UBB, il semble avoir franchi un cap décisif.
Avec le recul, il regarde cette période douloureuse avec gratitude : *“Aujourd’hui, je suis tellement grandi et reconnaissant d’avoir vécu ces moments-là. On se sert des échecs.”*
Et conclut avec un sourire revanchard : *“Limite maintenant je remercie les gens qui m’ont insulté… Je les emmerde un petit peu, parce que je prends du plaisir.”*
**Le match déclencheur**
C’est une rencontre à Dublin contre l’Irlande lors du Tournoi 2025 qui a définitivement transformé Lucu. Remplaçant d’Antoine Dupont, blessé, le demi de mêlée a livré une prestation majuscule : *“Je me suis dit : si tu es capable, contre les meilleurs joueurs du monde, de faire un match propre, pourquoi tu ne le fais pas tous les week-ends ?”*
Depuis, il avance avec une confiance renouvelée. À Bordeaux, Maxime Lucu n’est plus seulement un capitaine : il est devenu l’incarnation de cette UBB ambitieuse et décomplexée, prête à écrire une nouvelle page de son histoire.






