Le Stade Toulousain, toujours leader incontesté du Top 14, traverse une période d’instabilité depuis la fin du Tournoi des Six Nations. Alternant entre performances éclatantes et matchs inquiétants, le triple champion de France en titre peine à retrouver une régularité rassurante.
### Toulouse, entre éclats et contre-performances
Depuis le retour des internationaux, les Rouge et Noir donnent parfois l’impression de fonctionner par à-coups. Ils ont brillé en dominant Bristol, corrigé Toulon au Vélodrome et remporté une victoire autoritaire à Castres. Mais ces succès sont contrebalancés par des défaites en Champions Cup à Bordeaux, à domicile contre Clermont, et un naufrage total à La Rochelle.
Après ce revers à Deflandre, le manager Ugo Mola avouait son incompréhension face à cette irrégularité : « Je ne me l’explique pas forcément. » Il évoquait aussi un excès de confort lié à l’avance au classement : « On a peut-être trop bien géré le championnat sur une période de vingt ou vingt-et-une journées. » Avant d’ajouter : « On court après une forme d’intensité. »
### L’ombre du Tournoi des Six Nations
Un facteur revient souvent dans les analyses : l’impact du Tournoi des Six Nations. Toulouse a fourni un véritable contingent à l’équipe de France avec quatorze joueurs, sans compter Blair Kinghorn (Écosse) et Ange Capuozzo (Italie). Cette surcharge internationale a laissé des traces, avec plusieurs joueurs blessés – Neti, Jelonch, Cros, Marchand, Dupont, Barassi, Colombe, Capuozzo – et des cadres parfois émoussés physiquement, comme le souligne Midi Olympique.
### « Il faut qu’on rebosse ensemble »
Dès la reprise, le demi de mêlée Paul Graou soulignait la nécessité de renouer avec un collectif soudé : « C’était un match de reprise pour pas mal de mecs. Il faut qu’on rebosse ensemble. La semaine qui vient va nous permettre de travailler et de remettre les fondamentaux au centre de notre rugby. »
Quelques semaines plus tard, Jean Bouilhou confirmait ce manque de cohésion collective, tout en refusant d’en faire une excuse : « C’est un peu vrai, mais ce n’est pas une excuse. » L’entraîneur des avants estimait même que la large victoire contre Bristol avait pu dissimuler certains problèmes : « Le match de Bristol nous a peut-être rassurés un peu faussement sur notre rugby réel. Et là, Bordeaux nous l’a mis en pleine figure. »
### Une tendance récurrente ces dernières saisons
Un constat surprenant apparaît en analysant les dernières années du Stade Toulousain : la seule saison complète sans titre depuis 2019 est celle de 2022, année du Grand Chelem du XV de France. En 2024, après un Tournoi compliqué, Toulouse avait triomphé avec un doublé Champions Cup – Top 14.
S’agit-il d’une simple coïncidence ou d’un véritable impact physique et mental des campagnes internationales ? Le débat reste ouvert.
### Ntamack et Willis, les rares constants
Ces dernières semaines, seuls Jack Willis et Romain Ntamack ont fait preuve d’une régularité notable. Willis, désormais absent des sélections anglaises, et Ntamack, forfait pour le dernier Tournoi des Six Nations en raison d’une blessure, symbolisent cette énigme physique et mentale qui plane sur les internationaux français après leur sacre européen.







