Il y a moins de deux ans, Montpellier luttait pour sa survie en Top 14, s’imposant à Grenoble dans un barrage haletant (18-20) qui avait plongé le club dans la tourmente. Aujourd’hui, le décor a radicalement changé.
Le MHR occupe la deuxième place du championnat, enregistre 19 victoires sur ses 22 derniers matches et s’apprête à disputer vendredi soir à Bilbao la finale de la Challenge Cup face à l’Ulster. Cette métamorphose spectaculaire porte la signature d’un homme : Joan Caudullo.
### Joan Caudullo a redressé le MHR
Suite au traumatisme du barrage de maintien en 2024, Mohed Altrad a bouleversé les codes en renonçant aux entraîneurs vedettes étrangers. Montpellier mise désormais sur un projet profondément ancré dans son identité historique.
Ancien talonneur du club et responsable du centre de formation, Joan Caudullo a été promu à la tête de l’équipe première, entouré d’un staff à l’ADN montpelliérain, avec Didier Bes, Antoine Battut, Benoît Paillaugue ou encore Geoffrey Doumayrou, tous relativement novices au plus haut niveau.
Rapidement, Caudullo a insufflé une identité forte au club. Avec Fulgence Ouedraogo et Pascal Mancuso, un audit a permis de définir les valeurs fondatrices du MHR : « combat, dureté, défense, abnégation, agressivité ». Ce nouvel esprit a été salué par les joueurs.
Lenni Nouchi apprécie ce virage : « Ce staff est axé sur Montpellier, ça apporte une identité, on a envie de se reconnaître en eux et ça marche. On est content de travailler dans ce cadre-là. »
Même constat pour Florian Verhaeghe : « Il y a un vrai projet club, de la stabilité, quelque chose s’est créé avec ce staff qui a apporté un ADN club. C’est ce qui manquait à cette équipe. Il y a un projet, une identité. »
### Une politique volontairement tournée vers la jeunesse
Autre révolution signée Joan Caudullo : un retour marqué à la formation. Désormais, le MHR mise sur ses jeunes talents, intégrés progressivement grâce au système des « capsules ». Une stratégie portée par l’ancien gestionnaire du centre, convaincu que la pérennité du club passe par ses propres joueurs.
Lyam Akrab incarne ce renouveau, tandis que Valentin Welsch et Melvin Rates commencent aussi à se faire une place, notamment en Challenge Cup.
Le recrutement, autrefois « bling-bling », privilégie désormais les profils ciblés, à l’image de Billy Vunipola, Stuart Hogg, Tom Banks ou Adam Beard, sélectionnés pour correspondre au projet et renforcer l’équilibre de l’équipe.
### La stabilité : la clé du succès
Longtemps instable, avec huit staffs différents depuis l’arrivée de Mohed Altrad, le club a enfin trouvé un cap clair. Malgré quelques secousses en cours de saison, le président a maintenu sa confiance en Joan Caudullo et son équipe.
Après une défaite à domicile contre Clermont en novembre, Bernard Laporte avait envisagé des changements, mais Mohed Altrad a fait le pari de la continuité. Le résultat est saisissant : 19 victoires sur 22 rencontres.
Pour Joan Caudullo, cette stabilité est déterminante : « Pau, je crois que ça fait quatre ans qu’ils ont mis leur projet en place. Ils ont fini dans les huit au bout de la troisième ou quatrième année. Là, ils sont sûrs d’être dans les six au bout de leur quatrième année. Nous, on y arrive au bout de deux ans. Je ne dis pas qu’on est meilleurs que Pau, mais en tout cas, la stabilité, obligatoirement, amène des résultats. C’est nécessaire, quel que soit le pilote. »
Une victoire vendredi contre l’Ulster offrirait au MHR la consécration ultime de cette spectaculaire reconstruction, et replacerait Montpellier parmi les grandes puissances du rugby français et européen.






