Cameron Woki : « Je suis revenu à Bordeaux pour être champion »
Malgré une sortie prématurée sur blessure lors de la finale de la Champions Cup samedi soir à Bilbao, Cameron Woki rayonnait de joie. Le troisième ligne bordelais a savouré avec un immense sourire ce deuxième sacre européen consécutif de l’UBB, qui a largement dominé le Leinster (41-19).
Lunettes de soleil sur le nez et ceinture de champion de boxe sur l’épaule, symbole soigneusement choisi, l’international français incarnait à la fois la fierté et le soulagement d’un joueur de retour à Bordeaux pour accomplir son rêve. « C’est un clin d’œil pour mon objectif quand je suis revenu à Bordeaux, qui était de remporter un titre. Le club m’a fait un joli cadeau pour personnaliser cette victoire », explique le Bordelais dans les colonnes de Sud-Ouest.
Après trois saisons au Racing 92, Woki est revenu à l’UBB l’été dernier, déterminé à terminer ce qu’il considérait comme une mission inachevée. « J’étais en mission parce que je devais beaucoup au club », confie-t-il, rappelant un départ forcé en 2022 : « Je suis parti malgré moi. Ce n’était pas ce que je voulais. » Cette saison, il a joué pour rendre au club tout ce qu’il lui avait donné, avec à l’esprit « atteindre mon rêve de remporter un titre avec Bordeaux ».
Un parcours européen exigeant et une finale maîtrisée
L’UBB a dû affronter les meilleures équipes d’Europe pour atteindre la finale, un chemin ardu que Woki souligne avec fierté : « Beaucoup de fierté. Je suis très heureux aussi. Le chemin a été très long. On a affronté toutes les meilleures équipes d’Europe pour arriver en finale. »
Surpris comme beaucoup par la domination précoce de son équipe, il admet n’avoir jamais connu une telle maîtrise dans une finale : « Non, non. » Pourtant, la crainte d’un début de match compliqué avait hanté l’UBB, habituée aux entames difficiles en Top 14, notamment après les rencontres contre Bayonne et Perpignan. « On savait qu’on devait réaliser une bonne entame pour espérer gagner ce match. Mais honnêtement, je ne pensais pas qu’on réussirait à prendre le large aussi vite. »
Un visage différent en championnat et en Coupe d’Europe
Cette opposition entre performances s’explique par « une équipe à deux visages », selon Woki. « En Coupe d’Europe, on arrive à être très bons. Mais en championnat, il y a des coups de moins bien. » L’expérience accumulée lors des finales a néanmoins apporté une sérénité au groupe : « On a des joueurs qui ont l’expérience des finales : je savais qu’on réaliserait un bon début de match. »
Malgré un score confortable à la mi-temps – 35 points –, le message principal dans le vestiaire était clair : « Qu’il fallait faire preuve d’humilité ! » Les Bordelais se rappelaient des récents renversements, notamment celui face à Perpignan après une mauvaise entame. « On savait que le Leinster avait cette capacité-là aussi. »
Un plan anti-Leinster parfaitement exécuté
Le secret de la victoire résidait aussi dans la stratégie mise au point par le staff : ne pas précipiter le jeu face à la défense redoutable des Irlandais. « Les Irlandais ont une défense particulière. On peut avoir l’impression qu’il y a des espaces, mais en fait ce n’est pas le cas. »
La patience et la discipline étaient donc de mise : « On devait faire preuve de patience, les recentrer au milieu du terrain, pour ensuite que nos trois-quarts puissent exploiter les zones libres. » D’après Woki, ce plan a été suivi à la lettre : « On a fait exactement ce que Yannick nous a demandé. »
Un bonheur retrouvé malgré la blessure
Touché au genou gauche lors de la finale, Cameron Woki se veut rassurant sur la gravité de sa blessure : « Je pense que c’est plus de peur que de mal. » Mais au-delà de la douleur physique, le titre reste au centre de ses préoccupations : « Je suis revenu à Bordeaux pour être champion. C’est chose faite. Donc mon genou m’importe peu pour le moment. »
Le joueur ne compte pas se ménager dans les semaines à venir, même si sa blessure s’avérait sérieuse : « S’il est foutu, il est foutu dans tous les cas. Je ne vais pas le ménager. »
Enfin, Woki insiste sur l’importance de son bien-être retrouvé en Gironde, qui a transformé ses performances : « Je pense que j’étais le même joueur, mais je n’étais pas heureux. Ici, je le suis. Et lorsque je suis heureux, je sais que je peux être bon. » Une philosophie qui a conduit l’UBB au sommet de l’Europe, avec un Cameron Woki pleinement épanoui et désormais double champion européen.







