Bordeaux enfiévrée après le doublé européen de l’UBB
Dimanche après-midi, Bordeaux a vibré au rythme d’une fête d’ampleur exceptionnelle. Au lendemain du deuxième sacre européen consécutif de l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) face au Leinster à Bilbao (41-19), des milliers de supporters ont accueilli leurs héros pour une parade triomphale dans les rues de la ville.
Sans la surprise émotionnelle d’un premier titre, mais avec une joie intacte, les joueurs de l’UBB ont célébré leur exploit avec une ferveur débordante. Parmi les moments forts, la résilience de Cameron Woki a marqué les esprits. Après avoir été vu en fauteuil roulant à l’aéroport de Bilbao, touché au genou pendant la finale, le troisième ligne est finalement apparu debout à Bordeaux, en pleine forme, lançant la fête depuis le balcon du Grand-Théâtre.
Ben Tameifuna et Adam Coleman ont, eux, prolongé la liesse en débarquant dans la ville toujours en tenue de match, conservant leurs maillots tout au long de la parade et des célébrations au stade Chaban-Delmas. L’an dernier, certains joueurs étaient restés quatre jours sans se changer après le premier titre européen, un record que les Bordelais semblent prêts à dépasser.
Pendant plus d’une heure, un bus à impériale a traversé une ville en fusion, malgré la chaleur suffocante. Entre fumigènes, chants, drapeaux, et batailles de pistolets à eau, les scènes surréalistes se sont multipliées : des supporters tentant d’attraper des selfies en lançant leurs téléphones, Laurent Marti chantant sur du Gradur, un drapeau du Leinster perdu au milieu de la foule et même des déménageurs complètement bloqués par la parade.
Matthieu Jalibert, l’ouvreur bordelais, a pleinement savouré ce deuxième triomphe. « La première, c’est toujours plus fort parce qu’on touche du doigt ce dont on a toujours rêvé, mais ça reste incroyable », a-t-il confié tout en rappelant que le parcours a été ardu : « Notre parcours en Coupe d’Europe n’a pas été facile, on n’a joué que des énormes équipes. » Avant de conclure, lucide : « Gagner des titres, il ne faut pas penser que ça arrive tous les ans. C’est pour ça qu’il faut profiter de ces moments. »
Maxime Lucu, capitaine de l’équipe, vivait lui aussi cette parade avec un regard différent. Blessé au genou lors du premier sacre européen à Cardiff, il avait dû passer trois jours à l’hôpital après les célébrations de 2025. Cette fois, il profite pleinement : « L’an dernier, sur le bus, je souffrais beaucoup », se souvient-il. « Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de bonheur et de fierté. »
Pendant ce temps, le manager Yannick Bru tentait déjà de recentrer ses joueurs sur la reprise du Top 14 avec un déplacement à Toulon dimanche prochain. En vain. Selon Laurent Marti, président de l’UBB, « ça a fait un bide ». Les joueurs, visiblement, préfèrent prolonger la fête plutôt que de penser à la compétition.
Matthieu Jalibert confirme que les festivités sont loin d’être terminées : « On n’a pas trop dormi, mais on avait été plus fêtards à Cardiff. Là, il nous reste encore de l’énergie pour deux trois jours. » Une perspective qui promet quelques sueurs froides au staff bordelais avant le sprint final du championnat.







