
Dans une chronique publiée lundi dans le Midi Olympique, le journaliste Jérémy Fadat pose un regard critique sur la retenue émotionnelle qui persiste dans le rugby, alors que le sport professionnel tend de plus en plus vers le spectacle et la spontanéité.
Selon lui, il est temps pour le rugby d’embrasser pleinement les célébrations démonstratives après les essais, une évolution naturelle plus qu’une copie du football.
« Le rugby évolue dans la bonne direction », affirme Jérémy Fadat, rappelant que ce débat revient régulièrement dans le rugby français. Il s’agit selon lui non pas d’imiter le football, mais d’accepter que le sport lui-même se transforme.
Il cite à l’appui Thomas Ramos, qui déplore le manque d’émotions visibles sur le terrain : « Ce que je trouve génial dans le foot, ce sont les célébrations. Au rugby, on n’est pas trop là-dedans. » Et d’ajouter : « Mais quand vous voyez les vibrations et le lien que ça crée entre les joueurs et le public… C’est fort. »
Pour Jérémy Fadat, certaines traditions rigides freinent encore cette liberté d’expression. « Serait-ce réellement déplacé ou même impertinent de laisser exploser sa joie ? Et encore plus de la partager avec des supporters en fusion ? » interroge-t-il, avant de conclure que « la culture est parfois trop lourde. Du désuet ? »
L’ancien international Sofiane Guitoune est également cité en exemple. Il prône lui aussi une plus grande spontanéité dans les célébrations : « Le rugby évolue dans la bonne direction. Maintenant, il me tarde que les mecs célèbrent vraiment leur essai, comme Teddy Thomas le fait. »
Il poursuit : « Ça peut énerver mais il me tarde de voir le premier qui va mettre un essai et faire un salto arrière ou enlever son maillot pour le montrer au public adverse. » Et insiste : « Il n’y a que le sport qui fait vivre des émotions de fous. »
Jérémy Fadat rappelle que célébrer un exploit ne relève pas d’un manque d’humilité : « Célébrer une action où t’as mis un “cad-déb” et un raffut ou quand tu as traversé le terrain, ce n’est pas ne pas être humble. Les joies sont indescriptibles. »
Pour lui, ces émotions doivent pouvoir s’exprimer librement, « même avec excès. »
Enfin, le journaliste défend une conception du stade comme « un lieu d’expression libre » dans une société où tout tend à être aseptisé et contrôlé : « Plus que jamais, tant qu’il n’y a ni violence, ni atteinte à la personne. »
Il conclut ainsi : « Parce que c’est un exutoire comme aucun autre. Même si, pour Ramos, il faudrait se dépêcher de taper la transformation ! »






