Ce samedi, le Stade Toulousain reçoit le LOU Rugby pour la 25ᵉ journée du Top 14, un rendez-vous capital dans la course aux phases finales. À deux journées de la fin de saison régulière, l’ouvreur toulousain Romain Ntamack s’est livré en conférence de presse ce jeudi midi, partageant son état de forme, sa vision de l’équipe et ses ambitions.
« Depuis ma reprise fin mars, je me sens plutôt bien. J’ai enchaîné les matchs. Ça suit physiquement, c’était un peu mon objectif sur cette fin de saison et j’ai travaillé pour. Je suis plutôt content de tout ce qui a été fait depuis mon retour. On va attaquer les matchs couperets, les matches de phase finale. Il nous reste deux matchs à jouer, avec une victoire sur les deux pour nous qualifier directement en demi-finale. Donc on travaille dur. Tout n’a pas été parfait sur les dernières semaines, mais on travaille bien. On s’est dit beaucoup de choses. Maintenant, il faut le montrer sur le terrain jusqu’à la fin de la saison », a-t-il déclaré, confiant.
Après une saison marquée par des blessures, Ntamack exprime un soulagement palpable : « Ça fait du bien d’enchaîner autant. Je me sens bien physiquement, donc c’était aussi ma demande de jouer tant que ça va, tant que je suis bon, tant que je me sens bien. C’était un peu mon objectif à mon retour de blessure et c’est le cas maintenant. Je suis assez satisfait de mes performances. Tout suit. Ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé, donc je touche du bois pour que ça continue. En tout cas, j’espère continuer sur ma lancée sur les matchs qui arrivent sur cette fin de saison. »
Interrogé sur l’inconstance du Stade Toulousain cette saison, Ntamack pointe un problème de régularité et d’état d’esprit. « Ce manque de régularité est assez criant depuis le début de la saison. Ça a été un peu le point noir cette saison de ne pas réussir à enchaîner des performances de haut vol. On a pu en faire de très bonnes et de très mauvaises. C’est ce qui est assez dommageable. Maintenant, on sait que sur les matchs de phase finale, peu importe la manière, il faut gagner. L’objectif dès ce week-end va être de gagner. La manière, on verra plus tard. Mais l’état d’esprit, c’est ce qui n’a pas à La Rochelle et sur d’autres matchs cette saison. Ça a été un gros point noir. L’état d’esprit va vraiment être au cœur de notre fin de saison. »
Pour lui, la clé sera de revenir à l’essentiel : « Il ne faut pas faire compliqué, se retrouver sur les bases, se retrouver collectivement, avoir envie de jouer pour le copain, avoir envie de rattraper l’erreur du copain à côté. C’est vraiment ça qui nous manque un peu aujourd’hui. Et ne pas baisser les bras trop vite sur des matchs où le bras de fer s’installe. On sait très bien que sur les prochaines échéances, ça va être des matchs serrés. Donc si on lâche trop vite comme on a pu le faire sur les matchs couperets, on ne soulèvera encore rien cette année. C’est vraiment cet objectif-là : jouer des matchs durs, tenir jusqu’au bout et puis on verra les résultats à la fin. »
Il qualifie cette saison de « très bizarre » : « On bat encore beaucoup de records, mais en même temps, on passe à côté sur beaucoup de matchs. Donc c’est assez frustrant parfois parce qu’après certains week-ends, on se dit qu’on a enfin trouvé la formule qui nous va bien. Et puis le week-end d’après, tout s’écroule. » Malgré tout, il rappelle que le club est toujours en position favorable : « Tout ce qui a été fait avant nous a permis d’être en position de nous qualifier directement en demi-finale dès ce week-end. Donc tout n’est pas à jeter. Mais il y a des choses à corriger et on le sait trop bien, nous qui avons l’habitude de jouer ce genre de matchs : la fin de saison et les phases finales se jouent sur des détails. Donc il va falloir être appliqués et avoir un état d’esprit irréprochable si on veut espérer aller plus loin sur les matchs qui arrivent. »
Ntamack balaye aussi l’idée que le groupe se serait laissé aller : « Non, je ne pense pas qu’on était trop confortables. Mais je pense que sur certains matchs, on n’a pas mis l’engagement et le collectif nécessaires pour espérer mieux. Il y a des matchs où on est passés à côté et d’autres où l’on a lâché facilement. On a perdu des matchs parce qu’on n’a pas été attentifs collectivement ou parce qu’on n’a pas fait certains efforts qui auraient pu nous faire gagner certains matchs à l’extérieur. C’est ce qui a été assez frustrant parfois. Mais c’est fait… Encore une fois, tout n’est pas à jeter. On est premiers, on a de l’avance, on a l’opportunité de se qualifier directement en demi, donc il faut qu’on la saisisse. Et puis on verra ce qui se passe sur les prochaines semaines. »
Le joueur insiste sur l’importance de ne pas gâcher le travail accompli : « On bataille toute l’année pour jouer ce genre de matchs qui vont arriver en juin, donc on ne peut pas gâcher tout le travail qui a été fait par tout le monde, tout l’investissement qui a été mis par tous les mecs tout au long de l’année pour se saborder sur les matchs qui arrivent. Je pense vraiment que l’état d’esprit et le collectif sont primordiaux et que c’est ce qui nous fera encore gagner des matchs si on le met le curseur à 100%. Ce qui n’a pas été le cas sur certains matchs, notamment en Coupe d’Europe, c’est que les gros matchs qui sont arrivés, on n’a pas été capables d’élever notre niveau de jeu collectivement. Et quand on n’est pas à 100%, on se fait battre. »
Sans détour, Ntamack affiche l’ambition tolosane : « Évidemment, on ne va pas s’en cacher. Ça arrive, donc évidemment que c’est l’objectif. On ne sera pas les seuls à le vouloir, mais bien sûr que c’est l’objectif. Si on fait les performances qui ont été les nôtres comme à La Rochelle ou à domicile contre Clermont, c’est sûr que ce ne sera pas nous qui le soulèverons. (…) Tout le monde, que ce soit les joueurs, le staff, des plus petits au président, tout le monde est en ordre de marche pour essayer de faire l’exploit de soulever un quatrième bouclier consécutif. C’est ce qui doit nous motiver aujourd’hui. »
Enfin, interrogé sur la Coupe du monde 2027, qui pourrait être une échéance majeure dans sa carrière, il refuse de se projeter : « Non, pas du tout. J’ai trop vécu depuis un an et demi, deux ans, des saisons compliquées physiquement, pour me projeter plus loin que ça. Là, tant que je me sens bien physiquement, je ne regarde pas plus loin que le week-end qui arrive. Je me projette uniquement sur ça et on verra par la suite. J’ai trop connu de galères depuis la dernière Coupe du monde que j’ai loupée pour me projeter plus loin. Pour l’instant, je suis 100% focalisé avec le Stade, 100% focalisé avec le match qui arrive ce week-end, le week-end d’après et ce qui arrivera par la suite. »
Avec la qualification directe en demi-finale toujours à portée, Toulouse mise tout sur sa cohésion et son engagement pour terminer la saison sur une note triomphale.







