Lorsque Maxime Machenaud a quitté la pelouse de Pau en larmes le 11 octobre dernier, l’incertitude régnait sur la suite de sa saison. Victime d’une rupture des ligaments croisés du genou droit, aggravée par une entorse du ligament latéral interne et une blessure à la cheville, le demi de mêlée bayonnais a pourtant tenu un objectif clair : revenir avant la fin de la saison.
Sept mois plus tard, à 37 ans, Machenaud réalise son pari. Ce samedi, il sera titulaire avec l’Aviron Bayonnais sur la pelouse du Stade Français, marquant un retour espéré et attendu.
« Un peu de fierté d’avoir réussi mon objectif, mon défi de revenir avant la fin de l’année », confie-t-il, soulignant le fruit de longs mois de travail intensif. « Ça a été sept mois assez éprouvants, assez longs, mais en même temps j’ai beaucoup aimé toute cette rééducation, tout ce que ça comportait pour revenir d’une grosse blessure. Ça a été beaucoup de fierté et du plaisir. »
À 36 ans au moment de la blessure, beaucoup auraient pu envisager une retraite anticipée. Pas Machenaud. « Ça a été dur, je veux pas le cacher, mais à la fois j’ai pris du plaisir. Je me suis dit que ça va être une victoire de revenir. En tout cas, de revenir avant la fin de l’année, c’est quelque chose que j’avais tellement en tête que c’est une victoire et une fierté. »
Cette blessure ravive un souvenir amer : en 2018, sous le maillot du Racing 92, il avait déjà subi une rupture des ligaments croisés du même genou. Une épreuve lourde qui lui avait coûté la fin de saison, une finale de Champions Cup et une tournée avec le XV de France. Malgré cela, sa détermination n’a jamais fléchi.
Alors que Bayonne n’a plus grand-chose à jouer cette saison et qu’il rejoindra le Racing 92 cet été, Machenaud aurait pu patienter. Mais sa passion pour le rugby l’a poussé à revenir plus vite. « J’aurais pu attendre la saison prochaine mais j’aime trop ce sport. J’avais envie de créer de nouveaux bons moments sur le terrain. »
Au fil de sa rééducation, il a aussi découvert de nouvelles méthodes pour prendre soin de son corps. « J’ai mis toutes les chances de mon côté, j’ai fait encore plus attention à ma qualité de vie, à mon hygiène de vie, à tout, à mon sommeil. » Avant de confier : « Je me rends compte que si j’avais su ça vraiment plus tôt dans ma carrière, à 20 ou 25 ans, ça m’aurait permis d’être peut-être encore plus performant. »
Ce samedi à Jean-Bouin, ce retour ne sera pas qu’une simple remise sur pied. Ce sera l’aboutissement de sept mois de combat contre le doute, la douleur et le temps. Pour Maxime Machenaud, qui s’apprête à quitter Bayonne dans quelques semaines, c’est avant tout une victoire personnelle.







