À la fin du match entre Montpellier et Pau, une scène rare a surpris les spectateurs. Juste avant la sirène, Loïc Credoz a inscrit le deuxième essai béarnais, portant le score à 26-16 en faveur du MHR. Sur le papier, le bonus défensif semblait hors de portée pour la Section Paloise. Pourtant, l’équipe a tenté d’exploiter une règle peu connue.
Selon le règlement, une équipe qui marque un essai peut choisir de ne pas tenter la transformation. Dans ce cas, l’adversaire doit effectuer un renvoi et le jeu reprend jusqu’à un arrêt définitif ou jusqu’à ce que des points soient marqués. Pau espérait ainsi maximiser ses chances d’obtenir au moins un bonus défensif.
Le manager palois, Sébastien Piqueronies, a confirmé que ce scénario avait été travaillé à l’entraînement. « On a travaillé ce point sur les scénarios à l’entraînement, Joe savait », a expliqué l’ouvreur anglais Joe Simmonds à Sud-Ouest. Immédiatement après l’essai, ce dernier s’est rapproché de l’arbitre Luc Ramos pour signaler son intention de renoncer à la transformation. Mais la communication a échoué.
D’après Piqueronies, l’arbitre « a dû mal s’exprimer, car M. Ramos a compris que Joe demandait s’il avait le droit à une réception de coup d’envoi après transformation ». Malgré une tentative d’échange post-match pour clarifier la situation, Joe Simmonds a finalement dû tenter puis réussir la transformation, portant le score final à 26-18.
Même si la manœuvre avait réussi, rien ne garantissait que Pau aurait décroché le bonus défensif. Et un point supplémentaire n’aurait eu aucune influence sur le classement final. Pour Sébastien Piqueronies, l’essentiel réside ailleurs : « Je suis heureux que dans ce moment de pression, mes joueurs connaissaient le règlement. »
Cette séquence illustre parfaitement la minutie avec laquelle les staffs du Top 14 préparent désormais chaque détail et scénario, y compris les plus improbables. Car parfois, une qualification ou un titre peut se jouer sur un point de règlement que presque personne ne connaît.







