Une simple déclaration à la radio a déclenché une véritable tempête dans le rugby landais. L’US Dax a décidé de suspendre sa collaboration sportive avec Sevens Landes, après les propos polémiques d’Éric Balhadère, manager de la sélection landaise à 7, sur la relégation du Stade Montois en Nationale.
Une réaction forte qui illustre la colère du club rouge et blanc.
### La phrase qui a tout déclenché
Invité d’une émission rugby sur la radio Ici Pays Basque en début de semaine, Éric Balhadère a donné son point de vue sur la situation sportive des clubs landais. Selon lui, la relégation du Stade Montois en National soulève de nombreuses questions. Le technicien a notamment affirmé que les sanctions infligées à l’US Dax auraient dû entraîner des conséquences sportives plus graves.
« Aujourd’hui, les Dacquois, c’est eux qui devraient y être. Depuis très longtemps. Quand on retire quatorze points, c’est qu’on estime que tu mérites d’aller dans le rugby amateur », a-t-il déclaré. Il a également accusé le système de « récompenser la tricherie », estimant que le Stade Montois en était la principale victime.
Ces propos ont immédiatement provoqué l’indignation au sein du club dacquois.
### Dax riposte par une sanction immédiate
La réponse de l’US Dax ne s’est pas fait attendre. Par la voix de Patrice Labeyrie, coprésident de l’association US Dax Rugby, le club a annoncé la suspension de la mise à disposition de ses joueurs à Sevens Landes. Jusqu’ici, les équipes Espoirs et Crabos fournissaient régulièrement des joueurs à la sélection landaise pour les compétitions à 7.
**Cette collaboration est désormais interrompue.**
« Je trouve cela déplacé vis-à-vis du club. Nous avons été outrés des propos d’Éric Balhadère. De ce fait, nous avons décidé de ne plus envoyer de joueurs sur cette association jusqu’à nouvel ordre et jusqu’à des excuses de M. Balhadère et de Sevens Landes », a déclaré Patrice Labeyrie. Le message est sans équivoque : sans clarification ni excuses, les relations resteront gelées.
### Balhadère regrette un mot, pas ses accusations
Face à la polémique, Éric Balhadère a reconnu avoir employé un terme inapproprié. Il regrette l’usage du mot « tricherie », mais ne revient pas sur l’essentiel de son analyse. Il maintient que la sanction sportive imposée à Dax était insuffisante et considère que le Stade Montois a subi les conséquences d’une situation qui ne le concernait pas directement.
Il reconnaît cependant ne pas maîtriser l’intégralité du dossier.
### Des affirmations contredites par les faits
Le dossier est complexe. Plusieurs éléments avancés lors de l’émission contredisent les données officielles. Éric Balhadère affirmait notamment que Mont-de-Marsan n’avait pas pu recruter et possédait l’une des plus faibles masses salariales de Pro D2.
Or, selon les chiffres publiés par la Ligue Nationale de Rugby, le Stade Montois disposait d’une masse salariale de 3,2 millions d’euros, contre 2,3 millions pour l’US Dax. Par ailleurs, le club montois a enregistré entre quinze et dix-huit arrivées cette saison, là où Dax n’a recruté que quatre joueurs. Ces éléments alimentent aujourd’hui la remise en cause de l’argumentaire de Balhadère.
### Sevens Landes prend ses distances
Sous la pression, Sevens Landes est rapidement intervenu. Son président, Jean-Christophe Goussebaire, a tenu à préciser qu’il ne partageait pas les propos tenus à l’antenne.
Il a rappelé que ces déclarations étaient personnelles et ne reflétaient pas la position officielle de l’association. Selon Ici Gascogne, un message a même été adressé aux dirigeants dacquois pour souligner que Sevens Landes ne souhaitait pas être mêlé à cette polémique.
Reste à savoir si ces explications suffiront à apaiser les tensions. Pour l’instant, la fracture semble profonde entre ces deux acteurs majeurs du rugby dans les Landes.







