Présent à Montpellier avec l’ensemble de son staff, le sélectionneur de l’équipe de France de rugby, Fabien Galthié, s’est livré dans les colonnes de Midi Libre à un mois du début du nouveau Championnat des Nations.
Dans la cité héraultaise, Galthié et ses adjoints ont intensément travaillé en vue du rassemblement des Bleus, qui débutera dans quelques semaines. Le premier test-match est fixé au 19 juin à Vannes, face à l’Angleterre, dans le cadre d’une rencontre amicale.
« J’ai réuni le staff de l’équipe de France trois semaines avant le début du premier rassemblement à Marcoussis, qui aura lieu après les barrages de Top 14 », explique le sélectionneur. « On préparera le premier rendez-vous face à l’Angleterre, à Vannes (match amical, vendredi 19 juin). On peut considérer que ce séminaire est la transition entre le Tournoi des VI Nations et la compétition qui commencera début juillet, à Christchurch. »
Ambitionnant « la meilleure équipe de France possible », Galthié insiste sur l’importance d’une préparation optimale : « Tous les enjeux liés à la sélection sont revisités, analysés et préparés pour cette compétition. »
Le sélectionneur insiste également sur la collaboration étroite entretenue avec les clubs les plus performants du Top 14, dont le Montpellier Hérault Rugby : « On a fait la même chose dans les clubs que l’on considère les meilleurs. On l’a fait à Toulouse, Bordeaux, Pau, Toulon, Bayonne… À chaque fois, on essaie de trouver un aménagement avec le manager pour construire la semaine. On a besoin des clubs. »
Une liste élargie de 70 joueurs a été établie afin de préparer les prochaines rencontres : « On est sur le même mode opératoire que précédemment. Les équipes terminent une saison de onze mois, beaucoup de joueurs dépassent les trente feuilles de match et les 2 000 minutes. On suit les joueurs à la minute près. C’était aussi l’occasion d’identifier un groupe de 70 joueurs. Il y aura une première sélection de 28 joueurs après les barrages, piochée dans les dix clubs éliminés. Avec ce groupe, on préparera l’Angleterre. »
Après cette première étape, le groupe sera élargi : « Ensuite, on revient à Marcoussis. On sélectionne dans les perdants des demi-finales pour former un groupe proche de quarante joueurs. Et on se garde une marge de manœuvre pour prendre trois ou quatre finalistes qui nous rejoindront pour le deuxième test. »
Interrogé sur les absences possibles dans sa sélection, Galthié admet que certains joueurs mériteraient leur place : « On a l’habitude. On l’a expérimenté en Australie, au Japon, en Argentine et en Nouvelle-Zélande. On essaie de trouver la meilleure des moins mauvaises solutions. » Il rappelle les contraintes physiques et psychologiques : « L’équipe de France veut qu’on prenne les meilleurs joueurs français pour jouer ces matches. Mais les agendas ne permettent pas d’aller totalement dans ce sens. On doit être vigilant sur la charge physique et psychologique que peuvent supporter les meilleurs joueurs. Il y a des joueurs qu’on ne prend pas mais qui le mériteraient. Onze mois de compétition, ça touche tous les éléments de la performance. »
Enfin, Fabien Galthié a souligné les axes de progression des Bleus, notamment dans les phases de conquête : « Toujours les mêmes, ce qu’on appelle les “set up”, les phases de conquête. Il faut trouver les bons potentiels et la meilleure méthode pour avoir la meilleure conquête. Il y a plusieurs choses dans la conquête : la touche, la mêlée et les phases de reconquête. Dans un match, il y a environ cinquante phases de reconquête. Exemple : un jeu au pied qui ne sort pas du terrain, c’est une phase de reconquête. »
Il estime également que la discipline et la maîtrise des règles restent à travailler : « Ensuite, défensivement, on a des marges de manœuvre pour progresser. La maîtrise de la discipline, de l’apprentissage de la règle, aussi. Sur le plan offensif, ça fait deux ans qu’on finit meilleure attaque, et de loin. Ça ne nous empêche pas de toujours chercher des pistes. Tout est une question d’équilibre. Quand on nourrit une partie de la performance, il ne faut pas déshabiller l’autre partie. »







