Le Racing 92 a survolé son match contre Clermont dimanche soir au stade Michelin, mais c’est surtout l’émergence de plusieurs jeunes talents qui marque la fin de saison spectaculaire des Franciliens. À une semaine d’un rendez-vous capital face au Stade Toulousain, trois joueurs se détachent : Shingi Manyarara, Maxime Baudonne et Wame Naituvi.
Ces trois profils, tous très différents, incarnent parfaitement le renouveau du Racing sous la houlette de Patrice Collazo.
**Shingi Manyarara, la pépite qui impressionne tout le monde**
Arrivé dans un relatif anonymat, le troisième ligne zimbabwéen de 22 ans s’impose désormais comme l’une des révélations majeures du Top 14. Pourtant, son arrivée au Racing était loin d’être prévue. Comme l’explique Jean-Max Calice, son recruteur, dans *L’Équipe* : « Ce n’est pas lui qu’on devait prendre et puis j’ai vu ces images. Même s’il jouait au Kingswood College, qui n’est pas un des grands collèges sud-africains, il sortait du lot. »
Ses qualités physiques ont rapidement frappé les observateurs, au point que Stuart Lancaster le décrivait déjà comme une « bombe » et une « machine » avant même ses débuts professionnels.
Patrice Collazo, séduit, souligne : « Il a une énergie de fou et des qualités d’explosivité exceptionnelles. Il est surtout un gros travailleur. » Le manager insiste aussi sur son état d’esprit : « Il a un parcours de vie assez dingue et il sait pourquoi il est là : pour faire manger sa famille. Il se réfugie dans le travail et d’ailleurs il a fallu vraiment le calmer là-dessus. Pour l’équipe, il est capable de tout. »
Sous contrat jusqu’en 2029, Manyarara est sans doute l’un des grands paris gagnants du club francilien.
**Maxime Baudonne change de dimension**
Maxime Baudonne fait également figure d’homme fort chez les Ciel et Blanc. Reconnu pour ses déplacements et sa capacité à animer le jeu, le troisième ligne a franchi un nouveau palier cette saison dans un domaine qui lui était parfois reproché : le combat. Face à Clermont, il a offert une prestation défensive impressionnante avec vingt plaquages, confirmant son statut de pilier défensif.
Pour Patrice Collazo, sa progression est claire : « Max est aujourd’hui un joueur beaucoup plus complet. » Il ajoute : « Il a de la classe, oui, mais il est devenu compétitif dans un registre davantage axé sur le combat, un registre que lui-même découvre. »
Cette évolution lui permet désormais de compter parmi les meilleurs troisième ligne du Top 14. Appelé à plusieurs reprises par Fabien Galthié en équipe de France, Baudonne réalise une saison remarquable. Avec Axel Despérès, il est l’un des seuls joueurs du championnat à avoir participé aux vingt-cinq premières journées.
**Wame Naituvi, le facteur X retrouvé**
Enfin, Wame Naituvi symbolise le retour en forme du Racing. Freiné par les blessures ces dernières saisons, l’ailier fidjien retrouve une continuité physique qui décuple son impact. En seulement neuf matchs cette saison, il a déjà inscrit cinq essais.
Mais son influence dépasse les statistiques. Comme le souligne Patrice Collazo : « On l’a prolongé parce que Wame a un truc un peu particulier : il rentre, il claque. » Le manager insiste surtout sur sa capacité à percer les défenses : « Mine de rien, c’est un joueur très agressif dans le duel. Et même méchant dans le sens acceptable du terme. »
Avec des joueurs comme Habosi, Tuisova, Naituvi, Baudonne ou Manyarara, le Racing 92 dispose aujourd’hui d’armes capables de faire basculer un match à elles seules. Une excellente nouvelle avant d’affronter Toulouse, dans un choc qui s’annonce déjà comme un huitième de finale avant l’heure.







