
À l’aube de la trêve estivale, Joris Segonds dresse un constat lucide sur sa saison et celle de l’Aviron Bayonnais. Sans chercher à s’excuser, l’ouvreur bayonnais admet une année compliquée, tant sur le plan individuel que collectif, et anticipe un travail intense pour retrouver son meilleur niveau.
« C’était loin d’être ma meilleure saison », confie-t-il dans les colonnes de *Midi Olympique*. « C’est toujours compliqué quand tu finis douzième. Il va falloir une belle remise en question, cet été, pour repartir pied au plancher la saison prochaine et j’ai hâte. »
Après un premier exercice réussi dans le Pays Basque, Segonds reconnaît les difficultés rencontrées cette année. « L’an dernier, je me suis régalé. Cette saison, on était dans le dur. Ça fait une petite piqûre de rappel. Ce n’est pas parce qu’on y arrive une fois que la saison d’après ce sera tout beau, tout rose. Il va falloir que je me remette au boulot. »
Le joueur évoque également des problèmes physiques qui ont nui à sa performance. « Je ne sais pas… Peut-être que le niveau physique y a joué, aussi. J’ai eu une petite déchirure, elle m’a gonflé pas mal de temps. Quand tu perds trois ou quatre matchs, c’est toujours dur d’être à ton meilleur niveau. »
S’ajoute à cela une importante fatigue accumulée, notamment après une tournée estivale intense. « L’an dernier, j’avais fait 33 matchs. Je pense que j’ai laissé un jus énorme à la tournée, cet été. C’était une première pour moi. Même si physiquement c’est dur, on y laisse beaucoup de jus mentalement. »
Il souligne le manque de repos, qui commence à se faire sentir : « Ça doit faire trois ans que je n’ai pas eu mes cinq semaines consécutives de vacances en été. Ça va me faire le plus grand bien. Pour le mental, c’est très important d’avoir un petit peu de repos. »
Quant à la tournée estivale du XV de France, Segonds sait déjà qu’il ne fera pas partie de la sélection. Une décision qu’il accepte avec maturité : « Oui. Avec la petite, j’ai besoin de repos, de profiter de la famille. » Puis d’ajouter : « Non, du tout, mais je suis conscient, qu’à l’heure qu’il est, des jeunes dix font de bons matchs. Ils veulent les essayer cet été et, sans mentir, ça me fera le plus grand bien de partir un peu en vacances. »
L’ouvreur admet avoir été à l’image de sa formation cette saison. « Oui, exactement. Je faisais un bon début de saison, puis ça a été à l’image de l’équipe. Il va falloir que je me remette vite à bosser pour être au niveau et apporter le maximum à l’équipe. »
Sur son inefficacité devant les perches lors de la seconde partie de saison, il se montre également honnête. « Ça fait toujours chier de louper des pénalités, c’est la loi du buteur. C’est un poste ingrat. L’an dernier, j’avais aussi eu un petit passage à vide. Il va falloir s’y remettre pied au plancher en juillet. Après, si je loupe trois pénalités de loin, mais que je mets la plus importante, ça me va. »
La perspective d’une forte concurrence au poste d’ouvreur, avec l’arrivée de Rob du Preez, ne lui fait pas peur. Au contraire, Segonds y voit un levier de progression : « La concurrence, c’est ce qui te fait grandir. L’année dernière, avec Camille, on avait une très bonne complicité et on se tirait, l’un et l’autre, vers le haut. »
Il rappelle aussi les difficultés subies cette saison, notamment suite aux blessures de Gareth Anscombe. « L’an prochain, on sera trois au poste, puisque Rob du Preez arrive. Au début, tout le monde râle parce qu’il y a de la concurrence, mais à Paris, c’est ce qui m’a tiré vers le haut. Tu apprends de la concurrence et tu te tires la bourre à chaque entraînement. C’est très important. »
Pour finir, Segonds souhaite retenir les leçons de cette saison éprouvante. « Non, ce n’est pas mon style. J’aime ce sport avant tout, mais je pense que j’étais un peu fatigué. L’an dernier, on arrivait à avoir cette rotation, avec Camille, qui nous permettait d’être à chaque fois à 100 %. Physiquement, j’étais peut-être un peu moins prêt que la saison dernière. Ça y a joué, aussi. »
Malgré les difficultés, l’ouvreur garde une vision positive. « C’est bête à dire, mais quand il y a beaucoup de négatif, ça nous apporte du positif. Cette saison, ça n’a pas été bon. Tu sais ce qui a marché, ce qui n’a pas marché. L’an prochain, il faudra travailler sur ces points-là. »
Il adresse enfin un message fort à tout le groupe bayonnais : « À Paris, quand on avait fait une saison pas terrible, on n’avait pas envie, l’année d’après, de reproduire ces erreurs-là. On avait essayé, alors, de faire un peu plus. Si les 45 joueurs font tous ça, ça ne peut que nous tirer vers le haut. »






