La Rochelle défie le Stade Français ce samedi soir dans un duel capital. Les Maritimes, pour espérer intégrer le Top 6 et poursuivre leur saison, doivent non seulement s’imposer, mais aussi compter sur des faux pas du Racing 92 ou de Clermont.
À l’approche de ce rendez-vous décisif, Grégory Alldritt, capitaine et pilier rochelais, rejette les calculs et préfère se concentrer sur le présent. Il confie à Sud-Ouest : « On peut se qualifier dans les six ; il y a six semaines, on jouait pour accrocher une place dans les 8 et jouer la Champions Cup l’an prochain… On veut continuer à prendre du plaisir le week-end. Ça fait quelques semaines que tout le monde se régale ; nous, sur le terrain, les supporters, le staff. On sent quelque chose d’agréable, les après-matchs sont détendus, on a envie que ça se poursuive au moins un week-end de plus. On se concentre là-dessus. »
Le capitaine souligne les progrès accomplis par l’équipe ces derniers mois : « Le bilan devra être fait à l’intersaison, c’est encore un peu trop tôt. Il y a eu le retour de beaucoup de blessés, une période de vacances début mars et ensuite, la Coupe d’Europe qui a permis de régénérer un effectif qui n’avait pas beaucoup tourné sur le début de saison. Il y a une modification dans notre façon de jouer, aussi, tout ça fait qu’on a progressé et qu’on continue à progresser. »
Malgré l’importance des résultats des autres rencontres, notamment Bordeaux-Clermont et Racing-Toulouse, les Rochelais gardent leur concentration intacte. « On n’en a même pas parlé. Peut-être qu’à la mi-temps, certains leaders auront deux ou trois infos pour orienter. Bien sûr, le staff fait tous les calculs, tous les prévisionnels mais pour les joueurs, honnêtement, c’est le pire des scénarios. »
Le mot d’ordre est clair : « On se concentre pour mettre énormément d’intensité. On s’est super bien entraîné pour être précis, parce qu’on sait qu’il y aura un petit peu d’émotion, avec des joueurs qui jouent leur dernier match à Deflandre, d’autres qui arrêtent. On ne veut pas que cette émotion prenne le dessus sur le match, on veut arriver prêt à jouer au rugby. Et à tout donner pendant quatre-vingts minutes. »
La Rochelle pourrait avoir besoin d’un succès bonifié. Mais Alldritt met en garde : « L’objectif est bien sûr de marquer des essais. Sauf que pour le faire, il faut de l’intensité, de l’agressivité, une bonne conquête et une bonne défense, aussi. » Il insiste : « Si l’équipe adverse marque 40 points, il faut en marquer 41 pour gagner ; si elle n’en marque que 3, tu as un peu plus de marge… Il ne faut pas se tromper et se dire que ce sont les offloads qui nous feront gagner. Un match, ça se construit, et il faut bien le construire sur les fondamentaux. Conquête et défense, ça a toujours été l’ADN de La Rochelle, il faut qu’on appuie là-dessus ce week-end. »
Les Rochelais restent pleinement conscients que leur saison pourrait s’arrêter brutalement, comme l’an passé, dès la phase régulière. « Oui, c’est dur. Mais si jamais elle s’arrête lundi, c’est dimanche que cela va être bizarre et que le réveil sera difficile. Parce que là, on est dans la tête dans le guidon, avec une semaine comme toutes les autres sans se projeter sur la prochaine. »
Avant toute projection, il n’y a qu’une priorité pour La Rochelle : battre le Stade Français et continuer à rêver.







