L’idée de voir Louis Bielle-Biarrey rejoindre l’équipe de France de rugby à VII en vue des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028 suscite déjà de vifs débats. L’ailier de l’Union Bordeaux-Bègles, qui rêve de suivre les traces d’Antoine Dupont, divise les opinions.
Invité sur la chaîne L’Équipe, l’ancien footballeur professionnel Pierre Bouby a donné un avis tranché. D’emblée, il affirme ne pas reprocher aux deux joueurs leur ambition olympique.
« Je suis complètement d’accord sur le fait qu’Antoine Dupont et Louis Bielle-Biarrey aient envie de jouer avec l’équipe de France à VII pour les prochains Jeux Olympiques. Tout le monde a envie de faire les JO et je ne leur en veux même pas. »
Mais le souci, selon lui, ne réside pas là. Pour Pierre Bouby, Antoine Dupont avait été présenté comme une exception, presque un phénomène unique dans le rugby.
« Nous avons fait de Dupont un étendard. On disait que c’était un joueur hors du commun, qu’il n’était pas comme tout le monde, qu’il n’y aura que lui, que c’est un événement. »
Aujourd’hui, voir Louis Bielle-Biarrey envisager ce même parcours le trouble : « Prochains JO, c’est Louis Bielle-Biarrey. »
L’ancien milieu de terrain craint que cette tendance ne devienne la norme, attirant d’autres stars du rugby à XV vers le rugby à VII lors des compétitions olympiques.
« Des joueurs comme Louis Bielle-Biarrey qui courent très vite, qui vont très haut et qui ont une science rugby, il y en a plein qui vont arriver et dire qu’ils aimeraient faire les deux : jouer à 15 puis jouer à 7 après. »
Cette évolution pourrait, selon lui, pénaliser les spécialistes du rugby à VII, souvent engagés de longue date dans cette discipline et oubliés en dehors des Jeux.
« Et tous ceux qui font du rugby à VII depuis un bail et qui sont dans la cave et dont on parle uniquement durant les JO, on en fait quoi ? »
En somme, l’arrivée de vedettes du XV à l’approche des Jeux pourrait engendrer des « victimes » parmi les joueurs dédiés au VII.
« Là, tu as deux mecs qui vont prendre la place de deux autres mecs qui se sont cassés les reins à faire les quatre ans pour essayer de se qualifier. »
Pierre Bouby résume son sentiment par une phrase sans détour : « Moi, ça me fatigue et le rugby n’a plus aucun sens dans la hiérarchie et dans l’organisation. »
Ce point de vue relance le débat sur la place des joueurs évoluant au rugby à XV dans les projets olympiques du rugby à VII, un sujet qui devrait s’intensifier si Louis Bielle-Biarrey officialise son ambition pour Los Angeles 2028.







