Provence Rugby ne s’est pas effondré malgré une finale amère. Samedi soir à Toulouse, les Aixois ont frôlé l’exploit face à Vannes, mais ont dû s’incliner de justesse (18-14) contre le futur champion de Pro D2. Pourtant, la déception n’a pas pris le dessus dans le vestiaire provençal.
Philippe Saint-André, le manager, affichait même un large sourire après le match, refusant les regrets. « J’ai dit aux joueurs qu’ils n’avaient pas le droit d’être déçus ou en larmes », a-t-il confié, soulignant que c’était « une première finale pour 95 % de l’effectif et pour le club. »
Avant le coup d’envoi, Vannes semblait imbattable, fort de sa domination sur la saison régulière. Mais Provence Rugby a tenu tête à cet ogre, répondant présent dans un bras de fer physique que Saint-André voulait imposer : « Je voulais qu’on soit dans le bras de fer, on y a été. » Après un début difficile, les Aixois ont libéré leur jeu après un essai crucial, dominant leur adversaire de la 20e à la 40e minute.
La saison reste loin d’être terminée. Provence Rugby, outsider dans cette finale, dispose encore d’une chance de monter en Top 14. Dimanche prochain, le club affrontera Perpignan lors de l’access-match. Une rencontre décisive pour une accession ambitieuse mais périlleuse.
Sur le papier, l’avantage est clairement pour l’USAP. Les Catalans préparent ce rendez-vous depuis des semaines, ménageant même leurs cadres lors de la dernière journée de Top 14. À l’inverse, Provence Rugby arrive épuisé, enchaînant barrage, demi-finale et finale en peu de temps. « Perpignan se prépare depuis trois mois, nous, on aura cinq jours », constate avec lucidité Philippe Saint-André.
Malgré cela, la troupe provençale refuse la résignation. Blessés, fatigués, amputés de leur pilier Federico Wegrzyn, victime d’une rupture du tendon d’Achille, les joueurs gardent la flamme allumée. Emblématique, Manuel Vareiro clame : « On va y croire, et je pense qu’on va le faire. »
Sans pression, l’outsider avance librement. Cette attitude leur a déjà permis de surprendre Colomiers puis Vannes. Face à Perpignan, favori incontesté, les Aixois n’auront qu’un seul but : repousser une dernière fois les limites d’une saison historique.
La finale a été perdue, mais le rêve du Top 14 est toujours vivant pour Provence Rugby.







