Shingirai Manyarara, l’étoile montante du Racing 92, a su conquérir le respect et l’admiration de Gaël Fickou. Le centre international français s’est livré sans détour sur ce jeune troisième ligne zimbabwéen, dont le parcours et la détermination forcent l’admiration.
« C’est un joueur du Zimbabwe. C’est un mec qui a eu une vie très compliquée, c’est un énorme bosseur », rappelle Fickou, soulignant l’histoire hors du commun de Manyarara. Une anecdote illustre parfaitement la rigueur du joueur : « Il ne rentre pas chez lui pour ne pas avoir de distraction : pour ne pas jouer à la Playstation ou regarder la télé. Donc il reste au club et il fait des heures de muscu. »
Physiquement, le joueur impressionne par sa puissance et son endurance. « Il est très costaud. Il a pas un immense gabarit, c’est un profil assez petit, gratteur, très endurant, très explosif. C’est une machine », s’enthousiasme Fickou. Et d’ajouter : « Il explose tous les tests que ce soit puissance ou vitesse. C’est un tueur à gage. » Cette détermination se traduit sur le terrain : « Il a une faim en lui. Il veut réussir et ça se ressent lors de chaque match. »
Malgré un corps fragile qui le contraint régulièrement à des phases de récupération, Manyarara affiche une mentalité exemplaire. « Le seul truc que je peux lui reprocher, c’est que son corps est un peu fragile, il se pète souvent. Il met souvent trois ou quatre jours à récupérer car il met tellement d’intensité que son corps lâche. Mais il a une mentalité irréprochable », reconnaît Fickou. « Il vient de rien donc il veut s’en sortir et il sait que le rugby c’est sa passion et il peut en vivre. Donc il donne toujours tout sur le terrain. »
Au-delà de ses qualités sportives, ce sont ses valeurs humaines qui touchent particulièrement le joueur tricolore : « Je l’apprécie énormément car il a une mentalité de dingue. »
Pourtant, malgré toute son admiration, Gaël Fickou ne cache pas ses inquiétudes quant à la longévité de la carrière de Manyarara. « Il va y arriver. Mais son corps me fait peur. Est-ce qu’il va tenir ou pas ? » rappelle-t-il, avant de conclure : « Le reste, il a des qualités hallucinantes. Il saute plus haut que tout le monde. Il a tout pour devenir un grand. Mais il se blesse 15 fois par saison. Et comme c’est pas le plus costaud et qu’il plaque fort… C’est un peu comme Camille Chat. Physiquement, il est monstrueux. Mais il est souvent blessé. Teddy Thomas était tellement musclé un temps, qu’il se déchirait tout le temps. Ils sont super forts mais ils se blessent souvent. »
Ces propos soulignent l’estime profonde que porte Gaël Fickou à Shingirai Manyarara, véritable pépite au potentiel immense au sein du Racing 92.







