Laurent Labit, manager de l’USAP, s’apprête à vivre une épreuve inédite ce dimanche à Aix-en-Provence. À quelques heures de l’access-match décisif face à Grenoble, celui qui a connu les plus grands rendez-vous du rugby français et européen se retrouve confronté à un défi bien différent : préserver l’avenir du club catalan en Top 14.
À 58 ans, l’ancien entraîneur du XV de France confesse une pression qu’il n’avait jamais ressentie auparavant. « Je pense que ça ressemble à des matches très importants que j’ai eus à jouer. Mais, effectivement, je n’ai jamais eu de match de la peur comme ça. » Avec cette rencontre, « on ne joue pas simplement un titre, mais tout un club et une institution. C’est ça qui fait la différence. »
Arrivé en novembre dernier dans un contexte compliqué, Labit assume pleinement sa part de responsabilité. « Je me sens responsable. Je suis le premier responsable et je ne m’échapperai pas de mes responsabilités. C’est moi qui suis à la barre depuis le mois de novembre. Donc si le résultat n’est pas positif, ce sera de ma responsabilité et pas de ce qui s’est passé avant. » Prolongé jusqu’en 2030, il entend protéger ses joueurs des pressions extérieures : « C’est à moi de prendre cette responsabilité-là, cette pression négative, et les enjeux de l’avenir d’un club et d’un territoire. Ce n’est pas aux joueurs d’avoir cette responsabilité-là. »
Pour affronter cette situation cruciale, Labit s’appuie sur son expérience et un encadrement renforcé. « Ça fait partie de l’expérience. On a un entourage. Je travaille avec des personnes extérieures, j’ai un coach avec qui je travaille, un préparateur mental aussi. » Il insiste également sur l’importance de la récupération : « Il faut arriver à s’organiser. Il faut avoir des sas de décompression, et des moments pour régénérer et récupérer. Il faut arriver tous les jours avec l’énergie nécessaire pour embarquer les 45 ou 50 joueurs et les 20 membres du staff sur le même objectif. »
Au-delà du résultat, le manager catalan se projette déjà sur la suite. « On espère tous avoir une issue positive pour repartir sur un nouveau projet en Top 14. » Malgré les difficultés, il est marqué par l’attachement fervent du public : « Je vois qu’ici, il y a des choses à faire, il y a des gens qui poussent derrière nous. Je ne connais pas beaucoup d’endroits où, à ce moment de la saison, avec tout ce qu’on a connu, des équipes jouent devant des stades pleins avec une ambiance incroyable. »
Dimanche, l’enjeu dépassera largement le cadre sportif. Pour Laurent Labit, ce match sans trophée à la clé pourrait compter plus que toutes les finales qu’il a disputées au cours de sa carrière.







