
Mis en examen pour homicide involontaire dans le cadre de l’enquête sur la disparition de Medhi Narjissi en Afrique du Sud, la Fédération française de rugby conteste fermement toute responsabilité pénale. Son président, Florian Grill, maintient la ligne qu’il défend depuis le début de la procédure : il reconnaît une responsabilité morale, mais estime que les fautes à l’origine du drame ont été commises sur le terrain par les encadrants présents.
Dans un entretien accordé à Midi Olympique, le dirigeant était revenu sur cette affaire particulièrement sensible, tout en expliquant avoir sérieusement envisagé de quitter ses fonctions à l’été 2024.
Florian Grill écarte toute responsabilité pénale de la FFR
Depuis le début de l’affaire, Florian Grill distingue clairement la responsabilité morale de la responsabilité pénale.
Le président de la FFR estime que les décisions ayant conduit au drame ont été prises localement, en dehors du cadre fixé par la fédération.
« La triste réalité, c’est que la faute a été commise sur place, et uniquement sur place. C’est une décision individuelle de sortir du programme établi qui a causé le drame. »
Il rappelle également qu’aucune sortie en mer ne figurait dans le programme officiel.
Florian Grill insiste sur ce point.
« Aucune baignade en mer n’était prévue. »
La Fédération française de rugby partage cette analyse tout en affirmant son soutien à la famille du jeune joueur.
La FFR assure continuer à accompagner la procédure judiciaire.
« On a notre position, cela ne veut pas dire qu’on n’éprouve pas une immense empathie vis-à-vis de la famille. (…) Que les culpabilités soient établies, et que la famille puisse faire son deuil. »
L’avocat de la fédération, Me Mathias Chichportich, défend lui aussi cette position.
Le conseil de la FFR estime que les éléments du dossier ne permettent pas d’engager la responsabilité pénale de l’instance.
« Les fautes qui ont causé l’accident ne sont en rien imputables à des personnes susceptibles d’engager la responsabilité pénale de la Fédération. »
Une démission envisagée avant d’y renoncer
Au plus fort de la crise, Florian Grill a pourtant réfléchi à quitter la présidence de la FFR. Son secrétaire général Sylvain Deroeux et son vice-président Jean-Marc Lhermet ont suivi la même réflexion.
Après plusieurs échanges, les dirigeants ont finalement estimé qu’il était préférable de rester en poste afin d’assumer leurs responsabilités.
Un proche de la gouvernance fédérale explique les raisons de ce choix.
« On vient de vivre trois années horribles. À l’été 2024, cette affaire, c’est le climax. On se dit après réflexion que démissionner, c’est la solution de facilité. On se dit qu’il faut faire le boulot, faire un rapport sur ce qui s’est passé, se mettre à disposition de la justice et de la famille. (…) Il doit y avoir un vote (…), donc une sanction des clubs, qui dira si nous sommes légitimes à continuer ou pas. (…) On se dit que démissionner, ce serait une deuxième trahison de la famille. »
Les dirigeants ont donc choisi de rester afin de mener les investigations internes et de collaborer avec la justice.
Didier Codorniou refuse d’accabler Florian Grill
À l’époque, Didier Codorniou, candidat face à Florian Grill à la présidence de la Fédération française de rugby, avait adopté un ton mesuré malgré leur opposition politique.
L’ancien international estimait qu’un président devait avant tout faire face à ce type de situation.
« En tant que président, on subit ce qui se passe. On essaie de savoir ce qui s’est réellement passé dans cette tragédie, on assume la responsabilité. J’ai vécu chez moi des drames avec des accidents mortels de jeunes gosses. On n’est pas formés pour ça. Après il y a l’emballement médiatique, le dépôt de plainte et les conséquences de tout ça. Il y aurait pu avoir une interruption de la campagne. »
Ces déclarations prenaient un relief particulier puisque Didier Codorniou avait lui-même été mis en examen quelques mois plus tôt, en tant que maire de Gruissan, après le décès d’un enfant sur un manège installé dans sa commune, avant de bénéficier par la suite d’un non-lieu.






